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Plus de couples gais ont des enfants

Rosalie Dubreuil, 28 ans, en compagnie de sa conjointe Marie-Ève Blackburn, 29 ans. Les deux femmes sont les deux
mamans du petit Gustave, qui a maintenant trois mois.
© Sébastien Ménard Rosalie Dubreuil, 28 ans, en compagnie de sa conjointe Marie-Ève Blackburn, 29 ans. Les deux femmes sont les deux mamans du petit Gustave, qui a maintenant trois mois.

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Six ans après la légalisation du mariage gai au Québec, le nombre de couples homosexuels qui décident d'avoir des enfants est en forte hausse. À l'heure actuelle, quelque 1 400 jeunes ont deux papas ou deux mamans, a appris le Journal.

Des données obtenues auprès de la Régie des rentes du Québec (RRQ) révèlent que 1386 enfants vivaient dans une famille «homoparentale», à la fin de 2008.

Ce nombre connaît une croissance constante et soutenue depuis 2001. À cette époque, seulement 201 enfants avaient deux pères ou deux mères.

Près de 80% des 950 familles homoparentales identifiées en 2008 étaient constituées de deux mamans, alors qu'à peine 200 foyers étaient formés de deux papas.

Selon la RRQ, l'augmentation du nombre de ces familles n'est pas étrangère aux droits dont bénéficient les homosexuels depuis une dizaine d'années.

«Ça va avec les lois, explique le porte-parole de la RRQ, Herman Huot. À partir de 1999, les lois du Régime des rentes se sont appliquées aux conjoints de même sexe. Et après ça, il y a eu le mariage gai, souligne-t-il. Il y a une progression d'année en année [du nombre de familles homoparentales].»

Un bébé en cadeau

Rosalie Dubreuil et Marie-Ève Blackburn, un couple d'homosexuelles de l'arrondissement Verdun, se sont ajoutées à ces statistiques récemment.

Après 38 heures de travail en salle d'accouchement, Rosalie a donné naissance au petit Gustave, le 9 octobre dernier, à l'hôpital Saint-Luc. C'est un ami du couple, lui-même homosexuel, qui a fait don de son sperme pour permettre la naissance de l'enfant. Ce père biologique n'a toutefois aucun droit légal sur le bébé.

«C'est nous qui avons les droits, légalement, mais si l'enfant veut voir son père et s'il est ouvert à ça, on laissera la porte ouverte», indique Rosalie Dubreuil, qui est apprentie mécanicienne chez Via Rail.

Le couple a préféré se tourner vers ce «bon ami» plutôt que vers une banque de sperme, au cas, justement, où l'enfant voudrait connaître son géniteur en grandissant. Il a fallu deux essais pour que la grossesse ait lieu.

«C'est un cadeau que notre ami nous a fait en tant que couple», estime Marie-Ève Blackburn, mécanicienne- conseil pour le Canadien National.

Optimisme

Cela faisait plusieurs années que les deux femmes rêvaient d'avoir un enfant.

Elles souhaitent maintenant en avoir un deuxième de la même manière. Mais cette fois, c'est Marie-Ève qui le porterait.

La hausse du nombre de familles homoparentales les réjouit au plus haut point.

«On a des amis qui ont plus de 45 ans et pour qui ç'a été très difficile de vivre leur homosexualité, dit Marie-Ève Blackburn. Mais là, je suis remplie d'optimisme.»

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