/homepage
Navigation
Orthophonistes scolaires

Des conditions très peu enviables

Certains orthophonistes visitent jusqu'à neuf écoles par semaine.
Archives Certains orthophonistes visitent jusqu'à neuf écoles par semaine.

Coup d'oeil sur cet article

Si les commissions scolaires dépensent autant pour référer des élèves à des orthophonistes et psychologues privés, c'est parce que les conditions de travail du réseau public sont loin d'être enviables, avouent des observateurs.

«J'ai déjà connu une orthophoniste qui avait neuf écoles à visiter dans une semaine, confie Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. Cinq ou six écoles, ce n'est pas rare. C'est la même chose en psychologie et c'est pire en ergothérapie.»

Une vraie mine d'or

Le Journal révélait hier que la pénurie de professionnels qui frappe les écoles du Québec constitue une vraie mine d'or pour les psychologues et orthophonistes privés.

Incapables de combler tous leurs postes, les commissions scolaires doivent payer de généreux honoraires à ces professionnels, afin de permettre aux élèves de recevoir les services appropriés. En trois ans, 10 commissions scolaires ont versé 1,1 M$ à des orthophonistes et psychologues privés.

«On n'a pas le choix d'aller dans des cliniques, sinon on ne donne pas le service à l'élève», dit André Byette, de la CS Marie- Victorin. Depuis 2007, l'organisme a payé 379 000 $ pour de tels services.

M. Byette reconnaît que les conditions de travail du réseau public peuvent inciter des professionnels à opter pour le privé.

«Compte tenu des besoins que nous avons, les orthophonistes ont plusieurs écoles à faire, souligne-t-il. Si elles ont le choix entre rester chez elles à recevoir les élèves ou travailler pour une commission scolaire en se déplaçant d'une école à l'autre, je comprends qu'elles peuvent faire le choix d'aller en clinique privée.»

Selon André Byette, le recours à des professionnels en pratique privée peut avoir des impacts négatifs. «La concertation avec les autres professionnels de la Commission scolaire est plus difficile, dit-il. L'orthophoniste en pratique privée ne se déplacera pas pour les études de cas. Certaines le font, mais elles nous facturent.»

Chantal Longpré ne croit pas que le véritable problème soit la «pénurie» de professionnels. «Il y en a assez, lance-t-elle, mais ils s'en vont ailleurs.» À son avis, la solution passe par une meilleure distribution des «ressources dans les écoles». À l'heure actuelle, elles sont «insuffisantes», déplore Mme Longpré.

Commentaires