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Budget du Québec

«On ment aux Québécois»

«On ment aux Québécois»

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Le ministre des Finances Raymond Bachand a bel et bien utilisé des méthodes comptables qui embellissent la part du gouvernement du Québec dans le combat contre le déficit, selon le député adéquiste François Bonnardel.

Le député de Shefford a renchéri hier sur le reportage du Journal de Montréal démontrant qu'il est faux de penser que le gouvernement fera 62 % de l'effort, comme il l'a maintes fois répété, pour ramener les finances de la province à l'équilibre budgétaire.

«On ment aux Québécois», a-t-il déclaré.

La situation est encore pire que celle décortiquée par un comptable agrée à la retraite pour le compte du Journal, selon M. Bonnardel.

Ce qui est passé inaperçu de-puis la présentation du budget du Québec, selon lui, c'est que Québec a soudainement utilisé un scénario de croissances de ses dépenses de 4,8 % par année, alors qu'il la chiffrait lui-même à 3,2 % dans son budget de l'année précédente.

Une question de comparaison

Le concept n'est pas simple à saisir, reconnaît-il, mais il est majeur. «Ils ont joué leur match en l'espace d'un an.»

Pourquoi avoir utilisé 4,8 %, la moyenne des cinq dernières années du gouvernement libéral ?

Parce que de cette manière, explique François Bonnardel, Québec peut dire qu'il freine encore plus la hausse des dépenses lorsqu'il promet maintenant de la limiter à 2,9 %.

«N'oublions pas qu'ils ne coupent pas les dépenses, dit-il, ils ne font que freiner leur croissance.»

Pour illustrer l'idée, c'est comme si un propriétaire annonçait à son locataire une hausse de loyer de 4,8 % mais qu'il se contentait finalement d'une de 2,9 %, en se vantant d'avoir fait économiser la différence.

Autres revenus

Par ailleurs, François Bonnardel déplore que Québec s'attribue l'effort de récolter des revenus dans les poches des contribuables.

Par exemple, le gouvernement n'a pas à considérer comme faisant partie de son effort le fait qu'il décide de partir aux trousses des mauvais payeurs, dit-il. Car, en fin de compte, ce sont des contribuables qui paieront.

«C'est comme dire à son comptable qu'on va mettre ses mauvaises créances dans la colonne des revenus. Il n'y a pas une PME qui pourrait faire passer ça à son banquier, aucune entreprise ne pourrait faire endosser des manoeuvres comparables comme ça», estime M. Bonnardel.

Même chose concernant la cotisation annuelle pour sur la santé imposée au Québec, dit-il, qui ne devrait pas être calculée comme un effort du gouvernement.

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