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Le Québec dans le rouge

Nous ne sommes pas dupes, Monsieur le ministre

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Le ministre des Finances tire sur le messager, Le Journal de Montréal en l'occurrence, parce que c'est la seule option qui lui reste après que nous ayons démasqué son grand bluff, lui qui a promis aux Québécois que le gouvernement ferait 62 % de l'effort pour éliminer le déficit du Québec.

Le problème de fond, c'est que le gouvernement ne sait plus ce que signifie faire un EFFORT. Nous allons donc continuer de le lui expliquer.

L'État est tellement devenu gras, comme l'illustre si bien notre caricature en page une, qu'il ne sait plus ce que veut dire faire un EFFORT pour perdre du poids.

Les contribuables québécois, eux, qui se font saigner d'un budget à l'autre en voyant augmenter leurs taxes de toutes sortes (du prix de leur essence au prix de leur électricité, en passant par une ou deux hausses de TVQ et une nouvelle cotisation pour payer la santé) savent très bien, eux, ce que signifie faire un EFFORT.

Quand on est un contribuable, Monsieur le ministre, faire un EFFORT, ça signifie mettre la main dans ses poches. C'est très simple. Cela veut donc dire se payer un peu moins de gâteries pour envoyer plus d'argent, un plus gros chèque encore et encore, à Québec.

Et quand on est un gouvernement, faire un EFFORT, cela signifie couper dans ses dépenses.

Ce n'est pas plus compliqué que ça.

Question d'honnêteté

Couper dans ses dépenses, quand on n'a pas l'habitude de le faire, on comprend que ce n'est pas facile.

Mais il faut au moins avoir la volonté de l'admettre et non pas avoir recours à un subterfuge alambiqué pour faire croire le contraire aux payeurs de taxes.

Un bluff, c'est ce que nous pensons que le ministre des Finances fait lorsqu'il se promène d'une tribune à l'autre en affirmant que le gouvernement fera 62 % de l'EFFORT pour rétablir les finances du Québec.

Le gouvernement savait très bien que cette formule marketing du «62 % de l'effort» serait difficile à contester et à bien saisir dans le public, lorsqu'il a voulu faire avaler ses nouvelles hausses de taxes dans son dernier budget. Il a fallu que Le Journal de Montréal étudie les chiffres avec soins, avec la patience d'un comptable agréé retraité, pour découvrir que ce fameux «62 % de l'effort» ne tenait pas la route.

C'est d'ailleurs ça, le rôle des médias: fouiller pour découvrir la vérité pour le bénéfice des citoyens qui n'ont pas ce luxe de pouvoir enquêter eux-mêmes sur leurs gouvernements.

Trois erreurs ?

Le ministre Bachand répète depuis trois jours maintenant qu'il y avait trois erreurs dans notre reportage de lundi matin exposant son grand bluff aux Québécois.

Nous maintenons le contraire sans aucune gêne.

* Nous maintenons que le gouvernement ne doit pas s'attribuer comme le sien l'effort d'aller chercher plus d'argent dans les poches de contribuables récalcitrants, ceux qui devraient payer plus d'impôts qu'ils ne le font. Cet argent, le gouvernement le trouvera dans les poches des contribuables qui, soit dit en passant, sont loin d'être tous des bandits à cravate. Donc, qui fera l'EFFORT de payer plus, par la force ou non ? Réponse : les contribuables, pas le gouvernement.

* Nous maintenons aussi que le gouvernement a sous-estimé d'un milliard l'argent qu'il récoltera de la hausse de la TVQ, sous-estimant en même temps l'EFFORT que feront les contribuables. C'est un non-sens de faire intervenir dans ce calcul ce que fera le gouvernement avec cet argent après l'avoir perçu, comme le dit M. Bachand depuis trois jours. On sait tous qu'il le redistribuera ou le dépensera. C'est ce qu'il fait avec tous les impôts qu'il perçoit, d'ailleurs. Entre-temps, ce sont les contribuables qui feront l'EFFORT de le débourser, et certains plus que d'autres.

* Enfin, nous maintenons que Québec a l'intention de récolter 500 M$ de plus dans les poches des contribuables pour financer les établissements de santé, d'une manière qui reste à définir et que le ministre se garde bien de nous révéler.

Concernant tout le reste des éléments du bluff que nous avons exposé, on remarquera au moins que le ministre des Finances n'a pas contesté le reste de notre analyse. De toute manière, cela ne nous aurait pas intimidés, sachant que nos lecteurs (et contribuables québécois) ne veulent pas être dupes.

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