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Commission Bastarache

L'énigmatique Mme Chantal Landry

Chantal Landry occupe le poste de directrice de cabinet adjointe
auprès de Jean Charest.
© Agence QMI Chantal Landry occupe le poste de directrice de cabinet adjointe auprès de Jean Charest.

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QUÉBEC - Au centre des dépositions de plusieurs témoins-vedettes, l'énigmatique Chantal Landry viendra, lundi, témoigner à la commission Bastarache.

Décrite comme un véritable filtre libéral des nominations du gouvernement par l'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare, Mme Landry occupe le poste de directrice de cabinet adjointe auprès de Jean Charest depuis le printemps dernier. C'est elle qui s'occupe notamment de l'agenda du premier ministre et des relations avec le Parti libéral du Québec.

Libérale jusqu'au bout des ongles, Chantal Landry fut très impliquée chez les fédéralistes à l'époque référendaire, où elle agit notamment comme coordonnatrice du Conseil de l'unité canadienne, de 1995 à 2000.

Adjointe de l'ancien maire de Rimouski, Michel Tremblay, elle tenta également sa chance comme politicienne en 1998, à titre de candidate libérale dans la circonscription du même nom, qu'elle perdit aux mains de la péquiste Solange Charest.

Elle travaillera ensuite pour le Parti libéral du Québec jusqu'en 2003, au moment où les libéraux prennent le pouvoir. C'est à ce moment qu'elle se joint au cabinet de Jean Charest, où elle sera notamment responsable des nominations et aussi des liens avec le PLQ.

«C'est elle qui plaçait»

Au coeur des allégations de Marc Bellemare, Mme Landry aurait joué le rôle de filtre libéral pour les nominations des juges, aux dires de l'ex-ministre.

Dans son témoignage devant la commission d'enquête, M. Bellemare a indiqué que lorsqu'il devait procéder à une nomination, au temps où il était ministre de la Justice, il recevait inévitablement un appel de Mme Landry, qui voulait en savoir plus sur le candidat. «Elle vérifiait l'allégeance. Tout le monde qui voulait avoir une job chez les libéraux allait voir Mme Landry, c'est elle qui plaçait», a déclaré Me Bellemare.

Lors de son passage devant la commission Bastarache, le collecteur de fonds libéral Charles Rondeau a admis qu'il rendait souvent visite à Mme Landry, pour l'aider dans ses nominations.

D'après le registre des entrées au cabinet du premier ministre à Québec, qui se trouve à quelques pas du Parlement, M. Rondeau se serait rendu à plus de 20 reprises au bureau de Chantal Landry, entre le mois d'août 2003 et la mi-mars 2004, la majorité du temps les jours où siégeait le conseil des ministres et au cours desquels sont entérinées les nominations du gouvernement.

Dans son témoignage devant la commission, le premier ministre a reconnu qu'il était consulté pour la nomination des juges et que c'est Mme Landry qui lui transmettait la liste des candidats jugés aptes à la magistrature.

Jean Charest a cependant tenu à préciser que cette dernière n'occuperait finalement qu'une fonction très instrumentale dans le processus de nomination des juges, qu'elle agissait en fait simplement comme une courroie de transmission d'information et qu'elle faisait «l'interface» entre le cabinet et le PLQ.

Le premier ministre a également dit ne pas avoir été au courant de la proximité entre Mme Landry et le grand argentier libéral Charles Rondeau.

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