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Tragédie évitable

La famille dénonce la négligence

Le drame s'est produit dans la verrière du restaurant Mikasa Sushi Bar : un bloc de béton s'est détaché du 18e étage pour tomber sur
Lea, la tuant sur le coup.
© Agence QMI Le drame s'est produit dans la verrière du restaurant Mikasa Sushi Bar : un bloc de béton s'est détaché du 18e étage pour tomber sur Lea, la tuant sur le coup.

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Brisant un silence qui dure depuis plus d'un an, les proches de Lea Guilbeault dénoncent la négligence des propriétaires de l'immeuble duquel s'est détaché le bloc de béton qui a tué la jeune femme, en juillet 2009, lors d'un souper d'amoureux, dans un restaurant de sushis du centre-ville.

Les parents et le conjoint de la victime de cette incroyable malchance ont laissé l'enquête se mener sans porter de jugement publiquement.

Mais hier, alors que le coroner Jacques Ramsay rendait public son rapport, les parents de Lea, Michel et Micheline Guilbeault, ainsi que son conjoint, Hani Beitinjaneh, ont fait connaître leur position dans deux lettres acheminées au Journal.

Pour M. Beitinjaneh, ce sont de «nombreuses lacunes qui ont causé cette grande perte pour nous tous».

À ses yeux, le rapport «a généré plus de questions qu'il n'en a résolues». Des questions qui outrepassent la tragédie et qui touchent les fondements de nos vies de citoyens.

Plusieurs propriétaires

«Cet édifice est passé entre les mains de plusieurs propriétaires qui ont tous eu l'occasion d'inspecter l'édifice et sa structure avant d'en prendre possession», dénonce M. Beitinjaneh.

Mais les inspections n'ont visiblement pas été à la hauteur.

Pour le veuf, «les personnes nommées pour nous protéger ont fait preuve d'un sérieux manque de jugement. Sont-ils uniquement incités à agir lorsque des tragédies et des décès surviennent ?»

Les parents de Lea, quant à eux, se disent déçus que le coroner qualifie la tragédie d'«accident».

«Pour mon époux et moi, ceci n'est pas du tout un accident : il s'agit plutôt de négligence», écrit Micheline Guilbeault.

«Les détails de son rapport sont bien clairs et démontrent à quel point il y a eu de la négligence entre la construction de l'édifice et le moment de la tragédie.»

Cauchemar

M. Beitinjaneh se demande bien combien d'autres édifices, à Montréal, présentent de telles lacunes ?

Dans sa lettre, ce dernier qualifie de «cauchemar» ce qu'il a vécu, mais ne donne aucun détail personnel sur cette soirée tragique pas plus que sur les blessures qu'il a lui-même subies.

Quant aux parents de Lea, la plaie est toujours très vive, après la perte tragique de leur fille unique.

«Il n'y a plus de joie de vivre dans notre famille», indiquent-ils.

«Nous aimerions souligner l'importance de chaque instant que vous passez avec vos enfants», concluent les parents, indiquant que tant qu'ils vivront, ils s'assureront des progrès en regard des recommandations du coroner.

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