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Un brûlot antiféministe?

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J’ai failli m’étouffer en lisant Le Devoir, hier.

Dans un texte d’opinion portant sur le massacre de Polytechnique, la journaliste Francine Pelletier affirmait que Manifeste d’un salaud, le célèbre livre que Roch Côté a publié peu de temps après la terrible tragédie, était un « brûlot antiféministe ».

Pardon ?


UNE ACCUSATION GRATUITE

Il faut être de mauvaise foi — ou alors, avoir une très, très mauvaise mémoire — pour faire une déclaration pareille.

En effet, quiconque a VRAIMENT lu le livre de Roch Côté sait qu’il n’en est rien, et que l’accusation de l’ex-journaliste du magazine La Vie en rose est totalement gratuite.

Dans son pamphlet, Roch Côté ne s’en prenait pas aux féministes, comme l’affirme faussement madame Pelletier. Il s’en prenait à la frange EXTRÉMISTE des féministes qui ne cessaient de répéter sur toutes les tribunes qu’un Marc Lépine sommeillait dans chaque homme.

Nuance !


UN CHAPELET DE BÊTISES

Car il fallait lire les bêtises qui se sont écrites au lendemain du terrible massacre de Poly. Un peu plus, et on accusait tous les hommes du Québec de complicité de meurtre !

« La vie est beaucoup plus en sécurité dans les choix des femmes que dans les choix des hommes » (Lorraine Pagé, présidente de la CEQ)

« Les hommes nous mentent, ils nous violent, ils ont une haine profonde pour les femmes » (Suzanne Boisvert, La vie en rose)

« Marc Lépine était aussi vieux que l’Homme et son mépris pour les femmes » (Nicole Brassard)

« Il s’agit d’une tuerie qui reproduit, à une plus grande échelle, une tragédie que toutes les femmes vivent de manière quotidienne. Très tôt, les hauts cris ont été lancés: il ne fallait surtout pas dire qu’en chaque mâle sommeille peut-être un Marc Lépine. » (Armande Saint-Jean)

« Le geste de cet homme est issu d’une société sexiste qui déteste les femmes. C’est presque la guerre ouverte. » (Lise Rossignol)

« Ces hommes qui nous haïssent jusqu’à nous tuer, nous leur avons donné l’hospitalité de notre corps alors qu’ils n’étaient rien. » (Louky Bersianik)


UNE BOUFFÉE D’AIR FRAIS

J’avais 28 ans à l’époque, et je peux vous dire que comme tous les mâles québécois hétérosexuels qui pleuraient les victimes de Poly et ne se reconnaissaient pas dans le geste de Marc Lépine, j’ai accueilli la publication du livre de Roch Côté avec un très gros soupir de soulagement.

Enfin, quelqu’un qui osait s’élever contre l’hystérie ambiante ! Quelqu’un qui osait dire que Lépine n’était pas un représentant « normal » de l’homo quebecus, comme l’affirmaient certaines féministes (dont Francine Pelletier elle-même), mais un fou, un crackpot !

Les mères qui tuent leurs enfants sont-elles représentatives des femmes en général ? Une Cathy Gauthier sommeille-t-elle dans chaque Québécoise ?

Bien sûr que non ! Alors pourquoi le contraire serait-il vrai ?


UNE VIEILLE TACTIQUE

Francine Pelletier utilise une tactique hyper connue des militants purs et durs : accuser leurs critiques d’être des salauds pour qu’ils prennent leur trou et se ferment la gueule.

C’est ce que font les islamistes dès que quelqu’un ose critiquer leur idéologie : ils déchirent leur chemise et crient au racisme, à l’islamophobie.

Si j’étais Roch Côté, madame Pelletier, j’exigerais que vous me présentiez vos excuses.