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François Garant intègre des éléments du quotidien pour faciliter l'apprentissage

à l'écoute des jeunes

François Garant de l'école Sainte-Marie, à Lévis, est flatté de faire partie des meilleurs profs du Québec.
© Jean-Francois Desgagnés François Garant de l'école Sainte-Marie, à Lévis, est flatté de faire partie des meilleurs profs du Québec.

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LÉVIS | Pour être un bon prof, il n'est pas nécessaire de remuer ciel et terre. Il suffit d'abord et avant tout de s'intéresser aux jeunes et d'être à leur écoute.

La recette de François Garant, qui enseigne à l'école Sainte-Marie de Lévis, est fort simple mais ô combien efficace. Pour rendre la matière intéressante, il a régulièrement recours à des exemples tirés de la vie quotidienne.

« La 6e année, c'est la plus belle ! » s'exclame M. Garant, qui a récemment obtenu sa permanence après cinq ans d'enseignement.

« On peut discuter des choses de la vie courante. On peut pousser la matière au-delà des manuels. Dans le fond, c'est comme ça que les jeunes apprennent. Si on reste dans les livres, cela ne va pas les chercher autant. »

Chaque semaine, Monsieur François, comme l'appellent ses élèves, épluche les journaux et découpe les articles susceptibles d'intéresser la classe. Dernièrement, il a apporté sa collection personnelle d'albums comprenant des groupes tels que Metallica, Led Zeppelin et Iron Maiden.

« Les jeunes sont toujours surpris de voir des albums en vinyle. Ils n'ont jamais vu ça avant. Ça leur permet de découvrir autre chose. »

Outre le français et les mathématiques, le professeur a la responsabilité d'enseigner les cours d'univers social, d'éthique et de culture religieuse, ainsi que les arts plastiques. Son groupe est composé de 19 élèves.

À chaque étape, M. Garant propose un projet qui nécessite des connaissances dans l'ensemble de ces disciplines.

Chanter sous la douche

Avant les Fêtes, par exemple, les enfants ont fabriqué une maison de Noël où ils ont expérimenté les circuits électriques et le développement des prismes et des polygones.

« La notion de plaisir est importante. On dit souvent qu'il faut avoir du plaisir en travaillant. C'est la même chose pour eux. Ils doivent avoir du plaisir en apprenant. »

Pour familiariser les élèves avec la poésie, l'enseignant leur a demandé de transformer une chanson en y ajoutant des paroles inédites.

« C'est assez spécial, car à la fin ils doivent la chanter devant toute la classe. C'est un projet qui leur apprend à se surpasser. Pour ceux qui sont gênés de chanter à l'avant, j'installe un rideau de douche. Le stress fait partie de la vie. Il faut apprendre à le gérer », lance-t-il.

L'école Sainte-Marie compte sur la présence de deux enseignants masculins.

« C'est un plus. On est moins portés à couver les enfants. L'an prochain, c'est le secondaire. Il n'y aura personne pour les prendre par la main. Il faut que les jeunes apprennent à se débrouiller. »

Fait inusité, Monsieur François préfère ne pas avoir d'horaire fixe pour la journée.

« Je me fie au pouls de la classe. S'il y a eu une chicane dehors, je n'arriverais pas avec de l'arithmétique, car je sais que ça ne passera pas. Je vais y aller avec des choses plus faciles, mais c'est sûr qu'à la fin de la journée, il faut avoir atteint nos objectifs. Ça leur démontre qu'il faut savoir s'adapter. »

C'est ainsi que François Garant a trouvé sa voie.

Q Quels sont vos trucs et vos secrets ?

R- Être à l'écou­te des jeunes. Le matin, je leur donne le choix de la matière. Je dis ce qu'il y a à faire et on détermine l'ordre. Cette méthode a l'avantage d'aider les jeunes à se responsabiliser, car s'ils ne respectent pas leur engagement, ils doivent apprendre à vivre avec des conséquences.

Q Si vous étiez ministre de l'Éducation, que changeriez-vous ?

R- J'ajouterais de l'activité physique pour tous les élèves. Moi, je sors à l'extérieur au moins 30 minutes deux fois par semaine, en plus du cours d'éducation physique. J'ai beaucoup de sportifs qui ont besoin de bouger.

Q De quel événement êtes-vous le plus fier, comme enseignant ?

R- J'ai deux élèves qui ont reçu un diagnostic de dyslexie dysorthographie. On a travaillé fort et aujourd'hui, leurs notes se situent dans la moyenne forte. L'an passé, j'ai eu un élève en maths qui était au niveau de la 3e et 4e année et il a réussi à passer ses maths de 6e.

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