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Chasseurs du web

Les prédateurs sexuels «magasinent» leurs victimes sur internet

Les prédateurs sexuels «magasinent» leurs victimes sur internet
© Shutterstock

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POINTE-AU-PIC - Véritable «plat à bonbons», le web regorge de prédateurs sexuels qui peuvent désormais «magasiner» leur victime selon leurs propres critères.

C'est ce qu'a mentionné l'enquêteur de la Sûreté du Québec, Caroline Girard, hier, lors du premier colloque international sur l'exploitation sexuelle des enfants, qui se déroule dans Charlevoix.

Selon Mme Girard, non seulement l'accès sur internet est «sécurisé» puisque les prédateurs ont «l'impression d'être seuls au monde derrière leur ordinateur», mais, en plus, les jeunes victimes fournissent «sans le vouloir» du matériel intéressant.

«Souvent, sur les sites de réseaux sociaux, les jeunes adolescentes vont s'exhiber peu vêtues, dans des poses provocantes. Si elles espèrent obtenir de "bons commentaires" et être populaires, elles offrent aussi aux prédateurs la chance de "choisir" celle qui va lui plaire davantage», a-t-elle expliqué.

Ainsi, l'homme attiré par les jeunes filles pourra choisir une brunette, dans une ville donnée, qui répond aux caractéristiques recherchées. Qui plus est, il en saura aussi davantage sur son ouverture à la sexualité, si elle vit une situation familiale instable, bref, si elle est plus vulnérable.

«Par la suite, il n'aura qu'à faire un ou deux compliments à la jeune fille pour frapper fort auprès de cette dernière, qui va se laisser embarquer», a précisé la policière, tout en spécifiant qu'il était démontré que 50% des jeunes victimes avaient dit «éprouver des sentiments» à l'égard de leur prédateur.

Chasseurs du web

Si certains «chassent» via les pages personnelles et les sites de réseautage, la Sûreté du Québec a aussi remarqué que de plus en plus de pédophiles entrent en contact avec des enfants plus jeunes via les jeux en ligne offerts gratuitement sur internet, leur offrant alors un monde de possibilité.

D'autres poussent même l'audace jusqu'à faire parvenir des courriels aux adolescentes qu'ils ont repérées au préalable. «Par exemple, dans le courriel, un jeu est proposé. On peut y lire: "Pour savoir si la personne qu'on aime nous aime aussi, inscrire nos infos personnelles et envoyer une photo de soi en sous-vêtements" à une adresse courriel donnée», a illustré Caroline Girard.

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Voici quelques conseils fournis par la Sûreté du Québec pour mieux «outiller» les enfants qui utilisent le cyberespace régulièrement:

  • Demander aux enfants de choisir un pseudonyme qui ne laisse deviner ni leur sexe, ni leur âge, ni toute autre information personnelle.
  • Partout sur internet, et particulièrement sur la page personnelle de l'enfant, ne jamais divulguer ses renseignements personnels comme son nom, numéro de téléphone, âge, lieu de résidence, adresse courriel et le nom de son école.
  • Éviter de diffuser sa photo ou, du moins, toute photo compromettante.
  • Limiter la diffusion du profil et les contacts MSN aux amis.
  • Ne jamais télécharger d'images provenant d'une source inconnue au cas où elles seraient à caractère sexuel.
  • Lorsque quelque chose les effraie ou les embarrasse, prévenir un adulte et quitter l'environnement en ligne.

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Les victimes sont des proies faciles à trouver Si les cyberprédateurs naviguent aisément sur internet, les victimes sont, elles aussi, de plus en plus faciles à trouver. Selon une récente étude canadienne sur l'utilisation de l'ordinateur fait par les enfants et les adolescents:

  • 94% des enfants ont accès à internet à la maison.
  • 37% possèdent leur propre ordinateur avec accès à internet.
  • 31% des élèves de 5e année possèdent une webcam.
  • 28% des élèves de 4e année utilisent MSN chaque jour.
  • Des 12% des élèves du secondaire qui indiquent avoir fait l'objet de harcèlement sexuel, 70% l'ont été via internet.
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