Société | Alimentation

On ne soupe plus en famille

La télévision fait partie intégrante des repas du tiers des Québécois

CA_EloiseArchambault

Héloïse Archambault @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

On ne soupe plus en famille

Photo:Claudia Lavallée

Mère de Niderson (gauche), 5 ans, et Niandrew, 1 an, Darline ferme la télévision lors des repas, depuis deux mois. « C’est bien parce qu’on communique mieux, mais c’est un stress de plus », dit-elle.

Une famille sur deux ne partage pas l’heure des repas ensemble, et la télévision est considérée comme un membre à part entière pour le tiers des ménages, dévoile une étude rendue publique, hier.

« C’est désolant, avoue la nutritionniste Nathalie Jobin. On constate que les gens ne se parlent pas. Ce n’est rien pour aider l’éducation alimentaire des enfants. »

Entre octobre 2010 et juin 2011, des nutritionnistes du projet  Tout le monde à table  ont parcouru la province pour sonder les familles sur leurs habitudes de repas. Les résultats de leurs recherches constituent la plus grande étude sur les comportements alimentaires des familles au Québec.

Ainsi, le tiers des gens préfèrent regarder la télévision plutôt que de discuter en famille. Pire encore, 45 % des enfants disent manger souvent devant un écran.

« C’est une conséquence de notre mode de vie, croit Gilles Pronovost, directeur général du Conseil de développement de la recherche sur la famille au Québec. On passe moins de temps en famille, et tout le monde veut manger en fonction de son propre horaire. »

Manque de planification

L’étude démontre aussi que 44 % des parents ne savent pas ce qu’ils mangeront pour souper à 17 h, au moins trois fois par semaine. Dans ces cas, ils ont recours aux plats préparés ou au restaurant, ou ils cuisinent avec ce qu’ils ont sous la main.

« Les parents sont fatigués et les enfants ont faim, c’est évidemment une source de stress, poursuit Nathalie Jobin. Les gens croient encore qu’un bon repas doit être compliqué et coûter cher, mais c’est faux. La planification des repas évite du stress. »

Cette dernière croit d’ailleurs qu’un manque d’éducation culinaire explique en partie la mauvaise organisation des repas.

Pas toujours facile

Mère de deux jeunes enfants, Darline tente du mieux qu’elle peut pour passer du temps en famille lors des repas.

« Je sais que c’est nécessaire, mais c’est stressant. Ce n’est pas toujours facile. »

« On en demande beaucoup aux parents, croit Gilles Pronovost. Ça ne donne rien de se battre pour un repas. »