Année après année, le nombre de Québécois jouant pour le Canadien de Montréal diminue dramatiquement. L’an dernier, seulement trois joueurs québécois évoluaient pour le grand club. Tous pensaient que la famille québécoise Molson corrigerait la situation. Elle a réussi à faire pire.
Le Canadien de Montréal va entreprendre sa nouvelle saison avec seulement deux hockeyeurs québécois, Mathieu Darche et David Desharnais qui n’auront que des rôles de soutien. C’est la plus petite proportion de joueurs québécois de l’histoire.
Où sont les flying frenchmen ?
Les fans ne comprennent pas que des dirigeants aussi sympathiques aient si peu de respect envers les Québécois qui achètent leurs billets, leurs produits, leurs bières et écoutent leurs émissions.
Les fans ne comprennent pas que le Canadien ne fasse pas plus d’efforts pour embaucher des joueurs parmi la cinquantaine de Québécois jouant actuellement dans la Ligue nationale de hockey (LNH).
Les fans ne comprennent pas que le Canadien se débarrasse sournoisement des Maxime Lapierre, Marc-André Bergeron ou Guillaume Latendresse.
Les fans ne comprennent pas que près de dix équipes de la ligue ont plus de joueurs québécois dans leur club que le Canadien de Montréal.
Les fans ne comprennent pas que des clubs comme Minnesota, Pittsburgh, Tampa Bay et Vancouver auront 4 ou 5 Québécois dans leur alignement. Boston, Caroline, Columbus, Dallas, Phoenix et même les Islanders de New York ont autant de joueurs québécois dans leurs clubs-école que le Canadien de Montréal.
Leur campagne publicitaire de l’an dernier « Je suis Canadien » résume bien ce qu’ils pensent des Québécois. Plus politique que cela, tu meurs.
The name of the game is winning
Mais au fond ce n’est pas si difficile de les comprendre car le Centre Bell est plein à craquer et l’audience télé atteint des sommets. Le hockey du Canadien de Montréal est encore et toujours la plus grande attraction au Québec devançant les Alouettes, la Coupe Rogers, la Formule 1, la boxe et l’Impact.
Parce que les Québécois n’ont pas gagné grand-chose dans leur histoire, sauf les 24 conquêtes de la Coupe Stanley du Canadien, ils sont prêts à tout oublier si le club gagne et fait les séries. On s’en fout que Gomez gagne un million par but, que Price fasse la fête ou que Kostitsyn joue un match sur quatre, en autant que le club gagne.
La dernière fois où le Canadien de Montréal a aligné plus de Québécois que de Canadiens anglais, d’Américains ou d’Européens, fut au début des années 1990 quand les Nordiques existaient. Le projet des Nordiques c’est plus que le projet de Quebecor, c’est le projet de tout un peuple.
Ceux qui souhaitent le plus ardemment le retour des Nordiques sont ces jeunes joueurs de hockey de 15, 16, 17, 18 ou 19 ans qui aspirent à jouer dans la Ligue nationale mais qui comprennent déjà que leur avenir est bloqué chez le Canadien de Montréal.
Je le sais, car j'ai deux adolescents hockeyeurs à la maison qui rêvent de jouer un jour dans la LNH, peut-être avec Québec, et de battre The Montreal Canadians dans une finale de la Coupe Stanley.
D’ici là, have a good hockey season !