Le Parti québécois (PQ) est mal en point. Coincé à sa gauche par Québec solidaire, à sa droite par le nouveau parti de François Legault et en son centre par les départs de cinq députés, le PQ ne recueille plus qu’un maigre 26 % du vote comparativement à 40 %, il y à peine un an
Si la tendance se maintient, le Parti québécois subira la même raclée que le Bloc québécois lors de la dernière élection fédérale. Le nouveau parti de Legault balayerait aujourd’hui le Québec. Seulement une quinzaine de députés péquistes survivraient.
Pour sauver leur parti, certains ténors du PQ se lancent dans une croisade contre le système. C’est bien connu, quand le système ne vous avantage plus, on le change. Modifier le mode de scrutin, élire le premier ministre au suffrage universel, pouvoir révoquer un député, signer une pétition pour tenir un référendum ou tenir des élections à date fixe ne règleront pas le problème.
Le PQ fait fausse route
Même si toutes ces mesures sont partagées par la population, le Parti québécois fait fausse route.
Les électeurs veulent d’abord et avant tout éradiquer la corruption et la collusion dans l’octroi des contrats publics. Est-ce que le PQ croit vraiment qu’un changement de mode de scrutin y changera quelque chose ? Ce n’est pas le système qui ne fonctionne pas, ce sont les gens qui le gèrent.
Le Parti québécois propose aux électeurs un autre débat de structure. À la veille d’une autre récession, de la précarité de l’emploi, de la faillite du système de la santé et de l’éducation, les électeurs veulent des politiciens qui se penchent sur les vrais problèmes. Seulement 62 % des électeurs ont voté au fédéral, 57 % au provincial, 40 % au municipal et 8 % dans le domaine scolaire. Croyez-vous vraiment que les électeurs veulent voter plus souvent ?
Les jeunes sont ailleurs
Et les jeunes sont les plus sceptiques par rapport à ces propositions. Seulement 25 % aboliraient la ligne de parti, 39 % appuieraient l’élection du premier ministre au suffrage universel, 39 % plafonneraient les dons à 100 $, 49 % créeraient un poste de vérificateur général avec pouvoir d’enquête et 51 % privilégieraient des élections à date fixe.
Les jeunes ne se retrouvent plus dans les partis traditionnels, ni même dans le parti de François Legault. Les jeunes ne sont ni à gauche, ni à droite, mais ailleurs. Les jeunes sont dans la rue en Égypte, en Tunisie, en Libye et au Yémen pour la liberté. Les jeunes sont dans la rue au Portugal, en Espagne, en Grèce et maintenant aux États-Unis contre les abus du système capitaliste.
À quoi sert-il de gagner les élections si les jeunes n’y sont plus ? À quoi sert-il de faire un pays si les jeunes n’y croient plus ?
Le principal problème du PQ n’est pas son chef, son programme ou son option. Le principal problème est la nature même du parti qui s’embourbe dans des débats inutiles, des querelles stériles et qui est déconnecté de la réalité quotidienne des jeunes.
Le Parti québécois est en train de faire la démonstration qu’il est le parti d’une seule génération.