Depuis plusieurs mois, l’économie se dégrade, les emplois deviennent précaires, la pauvreté augmente, les dettes s’accumulent et plusieurs se sentent exclus de la prospérité.
Des petits groupes de jeunes contestataires et d’anarchistes manifestent et revendiquent la fin du système capitaliste et de la société de consommation, la lutte à la pauvreté et la liberté de parole. Les jeunes sont fascinés par les mouvements révolutionnaires dans le monde. Les vieux dirigeants de la société sont dépassés par l’explosion de la révolte populaire. Tout cela s’est passé en Mai 68, juste avant que n’éclatent les mouvements de grève, et pourtant cela ressemble étrangement à ce que nous vivons ces jours-ci.
Quarante ans plus tard c’est l’ancienne génération des soixante-huitards devenus patrons, qui recrée les mêmes conditions d’abus du système capitaliste. La colère gronde, le peuple se lève, la rue manifeste et les dirigeants ne comprennent toujours pas ce qui se passe. Le mouvement des indignés de New York « Occupy Wall Street » s’étend partout sur la planète. Ce bouillonnement social inattendu prend des allures de révolution. Le monde est-il en train de basculer ?
La colère gronde
Même au Québec, la colère gronde. La majorité des Québécois estiment que les choses vont plutôt mal et veulent être entendus. Les gens en ont marre des abus du système capitaliste. Corruption et gaspillage d’argent public, bonis donnés aux dirigeants d’entreprise, augmentation de la pauvreté, crime organisé et profits exagérés de certaines entreprises sont les enjeux qui les touchent le plus.
Comment expliquer qu’après vingt ans de croissance économique, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres ?
Comment expliquer que les salaires et bonis des dirigeants des 100 plus grandes entreprises canadiennes sont, en moyenne, 174 fois plus élevés que le salaire moyen ?
Comment expliquer que 1 % de la population contrôle près de 40 % de la richesse aux États-Unis ?
Comment expliquer que nous sommes si taxés par les gouvernements et qu’ils ne sont même pas foutus d’équilibrer leur budget ?
Comment expliquer qu’on continue de surconsommer alors que nous sommes surendettés ?
Dans la rue
Plus du tiers des Québécois se disent prêts à manifester. Mais gageons qu’ils resteront bien assis devant leur téléviseur. Car il y a une différence entre répondre à un sondage et aller manifester dans la rue. Les Québécois ont préféré bien plus souvent le confort et l’indifférence. Nous sommes bien plus souvent téléspectateurs qu’acteurs.
Les Américains ont « Occupy Wall Street » et nous avons Occupation double. J’ai bien hâte de savoir si le couple Dany et Christyna survivra à Occupation double.