Dix ans après son arrivée à la mairie de Montréal, Gérald Tremblay n'a jamais été aussi impopulaire, selon un sondage Léger Marketing qui dévoile également que les électeurs de la métropole veulent le député libéral fédéral de Bourassa, Denis Coderre, pour le remplacer.
Le verdict des Montréalais est cinglant. Si une élection municipale avait lieu aujourd'hui, le maire actuel, Gérald Tremblay ne récolterait que 17% des suffrages.
« C'est très bas. À la vue de ces chiffres-là, si j'étais lui, ça me conforterait dans une décision de ne pas me représenter aux prochaines élections », estime Aubert Descôteaux, chargé de recherche chez Léger Marketing.
Près des deux tiers des gens qui ont répondu au sondage estiment que Gérald Tremblay a fait du mauvais travail en tant que maire, contre seulement le cinquième d'entre eux qui sont satisfaits de ses réalisations.
En conséquence, le sentiment de fierté des Montréalais envers leur ville en prend pour son rhume. À peine 3% des personnes sondées sont plus fières de leur ville qu’il y a dix ans, alors que 47% en sont moins fiers.
Empêtré
En fait, le maire Tremblay traverse actuellement « la pire période qu'il ait connue », confirme Aubert Descôteaux.
Même à l'automne 2009, après la saga des compteurs d'eau et les révélations du voyage de son bras droit Frank Zampino sur le yacht de Tony Accurso, son taux de popularité s'établissait tout de même à 33 %.
« Il y a un effet de fatigue chez les citoyens. Cette administration-là semble encore empêtrée dans les mêmes problèmes », remarque l'analyste.
Rappelons que le maire n'a pas encore fait part de son intention de se porter candidat pour le scrutin du 3 novembre 2013.
Quelques réussites
Si les mêmes candidats qu'à la dernière élection se présentent aux prochaines élections, les Montréalais choisiraient Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, comme maire, avec 27 % des appuis. Louise Harel, la chef de Vision Montréal, suit de près à 26 %.
Dans le cadre du sondage, les Montréalais ont aussi été invités à identifier les principales réussites et les échecs de l'administration Tremblay, au cours de la dernière décennie.
Les trois grands succès sont le retour de la Formule 1 dans la métropole, après une année d'absence, ainsi que la réalisation du Quartier des Spectacles et la mise en place du système de vélos en libre-service BIXI.
Les échecs du maire sont le fiasco du premier contrat des compteurs d'eau, la lutte à la corruption et sa gestion de l'affaire Villanueva.
MÉTHODOLOGIE ► La présente étude a été réalisée par Internet auprès de 600 personnes de 18 ans et plus, réparties dans tous les arrondissements de la Ville de Montréal, entre le 28 et le 30 octobre 2011. Pondération ► Les données finales du sondage ont été pondérées selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité, la composition du foyer (avec ou sans enfant), le mode d’occupation (propriétaire ou locataire) et les arrondissements de façon à garantir un échantillon représentatif de la population montréalaise. Marge d’erreur ► Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de +/- 4 %, et ce 19 fois sur 20.