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Emelin de mieux en mieux

Jean-François Chaumont | Le Journal de Montréal

Publié le: | Mise à jour:

Emelin de mieux en mieux

Photo Keystone

Alexeï Emelin est le défenseur le plus robuste chez le Canadien depuis le début de la saison.

Alexeï Emelin cherche encore ses mots pour répondre à de très simples questions en anglais. Timide, il sourit et il refuse poliment une entrevue dans le vestiaire du Canadien. Le défenseur russe a toutefois combattu sa gêne au meilleur endroit : sur la glace.

À son arrivée à Montréal, Emelin avait la réputation d’un bon défenseur doté d’un aspect très robuste. Sous les couleurs du Ak-Bars Kazan de la KHL, on l’a souvent comparé à un jeune Darius Kasparaitis.

Emelin n’a pas immédiatement répondu aux attentes à ses premiers pas en Amérique du Nord. Il a connu un camp décevant et un lent début de saison.

Depuis la mi-novembre, c’est une tout autre histoire. Le Russe de 25 ans a fait un pas de géant et c’est maintenant un des défenseurs fiables de l’équipe, et certainement le plus robuste.

« Oui c’est mieux », a répondu rapidement Emelin à sa sortie de l’entraînement, hier, à Brossard.

Subban veut le voir sourire

Le défenseur natif de Togliatti, la même ville d’origine qu’Alex Kovalev, n’avait tout simplement pas le vocabulaire pour décrire sa progression.

P.K. Subban, le voisin d’Emelin dans le vestiaire, a trouvé les bons mots pour parler de son coéquipier.

« J’adore sa façon de jouer et j’aimerais lui enseigner à sourire quand il détruit un rival avec une mise en échec », a lancé Subban.

« Plusieurs équipes le détesteront bientôt tellement il frappe fort. Il apporte un autre élément à notre équipe et c’est agréable à voir. Nous avions toujours entendu parler de lui comme un joueur physique, et c’est vraiment le cas. »

Deux sommets

Les Blue Jackets de Columbus se souviendront d’Emelin. Lors de ce revers moribond de 3 à 2 en tirs de barrage, il a réussi neuf mises en échec, dont plusieurs percutantes. Il a aussi obtenu sa première mention d’aide dans la LNH sur le but égalisateur de Brian Gionta.

Même s’il n’a endossé l’uniforme du Canadien que pour 20 des 28 matchs, Emelin se retrouve au sommet de l’équipe avec 75 mises en échec, neuf de plus qu’Erik Cole.

Toujours dans la catégorie des coups d’épaule, il partage le premier rang de la LNH chez les recrues avec Gabriel Landeskog, de l’Avalanche du Colorado.

« Alexeï est vraiment solide. Il a un bon équilibre et il a un bon synchronisme pour frapper, a dit Carey Price. Quand il vise un rival, il lui fait mal. Je remarque vraiment une amélioration dans son jeu. La transition n’était pas facile pour lui. Il avait toujours joué en Russie et j’essaie de l’aider le plus possible. »

La barrière de la langue

Depuis quelques matchs, Emelin a comme partenaire à la ligne bleue, Raphaël Diaz. On parle donc d’un duo suisse-allemand et russe.

« Ce n’est pas toujours facile de se parler sur la glace ou sur le banc, mais on réussit à le faire, le hockey est un langage assez universel, a expliqué Emelin. Avant le match, on se parle souvent et on peut s’expliquer des jeux sur un tableau. C’est souvent plus simple. »

Diaz a aussi remarqué que son coéquipier a appris quelques mots en anglais.

« Lorsqu’il n’est pas content, il lance des jurons en anglais à son retour au banc », a précisé Diaz.

De bons progrès

En conférence de presse, Jacques Martin a reconnu l’amélioration d’Emelin.

« Ce n’est pas facile pour un joueur limité au niveau du langage, qui s’adapte à la taille de la patinoire, à la vitesse du jeu et au manque d’espace et de temps, a-t-il précisé. Ça fait une transition difficile, mais j’aime beaucoup ses progrès. Il a trouvé une bonne chimie avec Diaz. »

Dans l’espoir de franchir cette barrière de la langue, Emelin suit des cours d’anglais depuis le début de la saison.