La chronique de Richard Martineau
Noir et blanc en couleurs
Êtes-vous passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la Deuxième Guerre mondiale ?
Avez-vous dévoré la série documentaire Apocalypse, qui a été diffusée sur les ondes de TV5 l’an dernier ?
Si oui, ne ratez pas Apocalypse Hitler.
TROP POPULAIRE
Cette série de deux heures, produite par l’équipe d’Apocalypse, retrace, comme son titre l’indique, la vie et la « carrière » d’Adolf Hitler.
Le premier épisode a été diffusé hier à 20 h, mais si vous l’avez raté, pas de panique, vous pouvez regarder la reprise ce mercredi à 13 h.
Je vous parle de cette série passionnante, car il y a quelques semaines, sur France Culture, on a invité trois historiens pour en discuter.
Leur verdict : c’était une merde épouvantable. Pas parce que la série manquait de rigueur ou qu’elle ne respectait pas les faits, non : parce qu’elle était trop « populaire ».
« On a colorisé des images d’archives en noir et blanc, ce qui est inacceptable, de dire un des historiens invités. De plus, on a mis l’accent sur les moments les plus sensationnalistes de la Deuxième Guerre, les horreurs, les camps, etc. On a voulu aller chercher le plus de téléspectateurs possible. »
Imaginez : une série documentaire qui cherche à intéresser les gens ordinaires à l’histoire ! Quel scandale !
OÙ EST LE MAL
Lors de sa diffusion initiale, il y a quelques mois, en France, cette série a un fait tabac, se hissant parmi les émissions les plus regardées de l’année et attirant des millions de téléspectateurs.
Pour nos trois spécialistes, c’est la preuve qu’elle n’est pas digne d’intérêt. Ils auraient préféré une série hyper pointue qui ne parle qu’à leur caste et qui n’intéresse qu’une petite poignée d’experts.
Eh oui, les producteurs ont colorisé numériquement des images d’archives et ont ajouté des effets sonores afin de les rendre plus réalistes. Et alors ? Si ça permet de rejoindre 30 fois plus de gens, où est le mal ?
Au lieu de cracher dans la soupe en levant le nez, ces historiens auraient dû au contraire se réjouir que, en 2011, une station de télé ait décidé de diffuser une série documentaire sur la Deuxième Guerre à une heure de grande écoute.
PSYCHOSE
Parlons de l’affaire Turcotte, maintenant…
Certains psychiatres affirment que l’ex-cardiologue devrait être libéré, car il ne constitue un danger pour personne. Qu’en savent-ils ? Sont-ils dans sa tête ?
Chaque fois que j’entends des psys délibérer de la sorte sur la « dangerosité » d’un meurtrier, je pense au classique d’Alfred Hitchcock, Psycho. Vous souvenez-vous ?
À la toute fin, un psy fait une présentation savante devant les policiers pour expliquer ce qui a amené Norman Bates (Anthony Perkins) à tuer Marion Crane (Janet Leigh).
Il parle de Freud, du complexe d’Œdipe, bla bla bla…
Puis, au plan suivant, Hitchcock nous montre le regard diabolique de Bates dans sa chambre capitonnée et on oublie tout ce qui s’est dit auparavant.
On est face au vide, à l’abîme, à l’irrationnel…
UN MYSTÈRE INSONDABLE
Les théories psychanalytiques nous donnent l’impression confortable que tout s’explique.
Or, c’est faux.
Le mal est inexplicable.
Qui sait ce qu’il se passe dans la tête de Guy Turcotte ?