La CAQ passe à travers sa première zone de turbulence. Attaquée de toutes parts par ses adversaires politiques, questionnée sans relâche par les médias et maintenant contestée par une fraction de l’ADQ, la CAQ perd des points pour la première fois auprès de l’électorat québécois.
En montée constante depuis un an, la CAQ perd quatre points en janvier et se retrouve dans une bataille serrée à l’extérieur de Montréal et de Québec. Contrairement à ce qu’a dit le sondeur de La Presse, qui est aussi le sondeur officiel de la CAQ, la CAQ ne se dirige pas vers 100 sièges. S’il y avait des élections aujourd’hui, le prochain gouvernement serait minoritaire.
Non aux transfuges
La valse des transfuges nuit à la CAQ. Depuis 2008, 15 députés ont changé de partis ou sont devenus indépendants et les Québécois ne l’acceptent pas. La majorité des gens estiment qu’un député ne devrait pas avoir le droit de changer de parti politique et près des trois quarts pensent qu’un transfuge doit démissionner et se faire réélire. Les cinq derniers vire-capots ont été battus à l’élection suivante.
D’ailleurs seulement 12% des électeurs choisissent de voter en fonction du candidat local alors que la très grande majorité opte pour le parti, le programme ou le chef.
Un vote fragile
Choyés par les sondages depuis un an, les dirigeants de la CAQ doivent aussi s’inquiéter de la fragilité de leur base électorale. Le sondage révèle que 55% de ceux qui votent pour la CAQ aujourd’hui disent qu’ils peuvent changer d’idée. Pire, près de la moitié des électeurs de la coalition le font en opposition contre les autres partis plutôt qu’en appui aux idées de la CAQ. Toutes ces données démontrent la fragilité de leur vote.
Charest le survivant
Pendant ce temps, ceux qui pensent que le Parti libéral n’a aucune chance de se faire réélire seront confondus. Le Parti libéral grimpe de 5 points dans l’électorat et se rapproche dangereusement de sa zone payante. Les Québécois demeurent insatisfaits du gouvernement et n’ont pas confiance dans le succès de la commission Charbonneau mais appuient le Plan Nord.
Marois remonte
Même le PQ a aussi ses chances de gagner. Chez les francophones, le PQ amasse 31% contre 37% pour la CAQ contre seulement 17% pour le Parti libéral. La résiliente Mme Marois est perçue comme le leader le plus intègre et celle qui se préoccupe le plus des intérêts des Québécois.
Tout est possible
Personne ne peut prédire ce qui va vraiment se passer avec un électorat si volatile et si avide de changement. Aujourd’hui, les Québécois savent pour qui ils ne voteront pas mais ne savent pas encore pour qui ils voteront. Les sondages des prochains mois seront le reflet de ces montagnes russes d’émotion. Le PQ dominait en avril, la CAQ en septembre et c’est maintenant le Parti libéral qui marque des points. Tout est encore possible.
Le jour du jugement
Je peux, par contre, vous faire une prédiction : Il y aura des élections provinciales en 2012. Le jour du jugement s’en vient.