Une présence accrue de policiers dans les écoles du Québec pourrait mettre fin à la violence et à l’intimidation, croit un ancien directeur d’école, qui lance une fondation pour que chaque établissement scolaire soit doté d’un policier à temps plein.
« Nous voulons que des policiers soient assignés à une école et qu’ils la considèrent comme leur priorité durant leur quart de travail. Il serait primordial d’avoir un petit bureau de police à l’entrée principale des établissements scolaires pour envoyer le message clair que les élèves et le personnel sont encadrés et protégés », explique Christopher Roblin.
Des armes de poing saisies, des attaques au couteau, des agressions à coups de bâton de baseball… M. Roblin en a vu de toutes les couleurs tout au long des 30 années qu’il a passées dans le système de l’éducation en tant qu’enseignant, puis que directeur adjoint à Laval.
Inquiet devant la recrudescence des actes de violence et d’intimidation survenus au cours des dernières années, M. Roblin s’apprête à mettre sur pied la fondation KidKop, qui militera pour une présence policière accrue au sein des écoles.
« Il faut que ça bouge »
Celui qui a longtemps œuvré au sein de la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier avant de prendre sa retraite en 2009 a déjà des appuis de taille pour son projet.
Plusieurs victimes et familles de victimes d’actes de violence, dont Meaghan Hennegan, qui a été atteinte par des balles lors de la fusillade du Collège Dawson en 2006, se disent prêtes à militer aux côtés de M. Roblin.
« Il faut que ça bouge, lance ce dernier. On n’arrête pas de blâmer les directions d’école et on leur reproche de ne pas en faire assez pour lutter contre la violence. Mais elles sont débordées et ne sont pas assez outillées pour lutter contre ce phénomène. »
Des interventions plus rapides
Selon M. Roblin, une présence accrue de policiers dans les écoles permettrait non seulement de régler plus rapidement des problématiques de violence, mais aurait également un effet dissuasif sur les jeunes délinquants.
« Les adolescents y penseraient peut-être à deux fois avant de commettre un acte violent ou illégal s’ils savaient qu’un policier vient visiter l’école tous les jours », dit-il.
« Les policiers auraient également tout à gagner à se rapprocher des jeunes, poursuit M. Roblin. S’il y avait une meilleure compréhension de part et d’autre, ça éviterait peut-être certaines situations problématiques, comme celle qui a mené à la mort du jeune Fredy Villanueva en 2008. »
La fondation KidKop devrait voir officiellement le jour au cours de la prochaine année. Des actions seront entreprises auprès des autorités et des services policiers pour mettre de l’avant ce projet.
Ce qu’ils ont dit
Il y a clairement un manque de ressources dans nos écoles pour lutter contre la violence et l’intimidation. Mais c’est à l’établissement scolaire avant tout de décider de ce dont il a besoin, que ce soit une ressource psychosociale ou un policier. »
— Chantal Longpré
Fédération québécoise des directions
d’établissement
d’enseignement
La présence systématique de policiers dans les écoles n’est pas une solution à long terme. Il y a beaucoup d’autres choses qu’il faut considérer si on veut mettre fin à la violence. Cette option fait partie d’un ensemble d’actions à mettre
en place. »
— Gaston Rioux
Fédération des comités
de parents
du Québec