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Ville de Montréal

L’ombudsman encore méconnue

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MONTRÉAL – Entrée en fonction il y a huit ans, l’ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard, avoue qu’elle essaie toujours de se faire connaître de la population.

Derrière une porte vitrée opaque au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville, une équipe d’une dizaine de personnes s’affaire, depuis 2003, à traiter les plaintes des Montréalais. Au «quartier général» de l’ombudsman, près de 1500 réclamations atterrissent chaque année sur le bureau de Me Savard.

Si le fonctionnement d’une telle entité coûte aux alentours de 1 million $ par an aux contribuables montréalais, peu d’entre eux semblent connaître son rôle, ou encore même, son existence.

«Ça reste mon plus grand défi depuis ma première nomination», souffle Me Savard au bout du fil. Désignée à l’unanimité par le Conseil de ville pour un troisième mandat consécutif de quatre ans, en novembre dernier, elle tente aujourd’hui une percée sur les médias sociaux afin de mieux rejoindre la population montréalaise.

«C’est une nouvelle porte d’entrée, j’espère qu’elle aura un effet multiplicateur», glisse-t-elle. Même les quelques campagnes publicitaires effectuées dans le passé n’ont pas suffisamment levé le voile sur l’utilité de l’ombudsman de Montréal. «Pourtant, c’est un service entièrement gratuit et rapide. Nous parvenons à régler 95% de nos dossiers», précise Me Savard.

Près d’une plainte sur deux jugée fondée

L’ombudsman s’adresse aux citoyens qui s’estiment lésés par les instances publiques. En 2010, elle a reçu 1444 nouvelles plaintes de citoyens mécontents d’une décision de la Ville, d’un arrondissement ou d’une entité paramunicipale. 230 dossiers ont fait l’objet d’une enquête approfondie.

Après une étude rigoureuse de chaque cas, 91 plaintes ont été jugées fondées. Parmi elles, 69 ont été réglées à l’amiable et 22 recommandations formelles ont été émises.

«Lorsque l’instance publique est en tort, nous engageons une médiation, explique Me Johanne Savard. Si elle n’aboutit pas, j’ai le pouvoir d’émettre des recommandations formelles par écrit. Je peux enfin dénoncer publiquement le dossier dans les journaux et solliciter des appuis municipaux», ajoute-t-elle, précisant que ces derniers recours sont très rares.

Montréal a été la première ville canadienne à se doter d’un ombudsman. Pour l’instant, seule Toronto lui a emboîté le pas. C’est une instance indépendante, apolitique et impartiale, qui permet au citoyen de régler rapidement un contentieux avec la Ville, sans avoir recours au tribunal.


Les plaintes les plus traitées par l’ombudsman en 2010

— Logement social/HLM/subvention au logement : 105

— Fonctionnement de la Cour municipale : 89

— Comportement d’un employé : 76

— Stationnement : 75

— Réglementation municipale : 56

— Permis : 53

— Fourrière : 43

— Voierie /Travaux publics : 42

— Évaluation taxes foncières : 37

— Bruit : 35

 

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