Éducation | Rive-Nord

26 profs poursuivis

Intimidé une directrice d’école

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Sarah-Maude Lefebvre @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Une commission scolaire réclame 15 000$ aux 26 enseignants d’une école primaire de Mirabel, parce qu’ils auraient intimidé leur directrice d’école. Le président du syndicat, Jean Dumais, se dit « outré » par l’attitude de la

Journal de Montréal

Le Journal de Montréal

Une commission scolaire réclame 15 000 $ aux 26 enseignants d’une école primaire de Mirabel parce qu’ils auraient intimidé leur directrice d’école.

Selon la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN), les enseignants de l’école Sainte-Anne auraient usé de « représailles » à l’endroit de leur ex-directrice d’école, allant même jusqu’à l’intimider.

C’est pourquoi la CSRDN réclame à ces enseignants et à leur syndicat la somme de 15 000 $ à titre de dommages moraux et exemplaires, dans un grief déposé au tribunal d'arbitrage du secteur de l'éducation en décembre dernier, et dont le Journal a obtenu copie.

« C’est ridicule, tonne le président du Syndicat de l'enseignement de la Rivière-du-Nord, Jean Dumais. Je n’ai jamais rien vu de tel dans toute ma carrière. »

Quatre ans de tensions

Les tensions ne datent pas d’hier dans cette petite école primaire de Mirabel.

Au cours des quatre dernières années, les relations entre le personnel de l’établissement et l’ex-directrice de l’école, Sophie Young, se sont dégradées à un point tel que même les parents des élèves s’en sont mêlés pour réclamer son départ.

« Les profs reprochaient à Mme Young de ne pas faire de suivi sur les dossiers des élèves, d’être laxiste, narre M. Dumais. Ils s’en sont plaints au conseil des commissaires, mais rien n’a été fait. L’an dernier, cinq enseignants ont claqué la porte à la fin de l’année scolaire. »

En septembre, le conseil d’établissement, formé de parents, s’est impliqué à son tour dans le dossier. La tension était alors à son comble, les enseignants refusant de rencontrer la directrice individuellement.

Un mois plus tard, le 24 novembre, une vingtaine de parents se présentent à l’école lors d’une assemblée générale pour réclamer le départ de Mme Young. Celle-ci annonce alors qu’elle remet sa démission.

Pourquoi maintenant ?

« Tout le monde était content d’apprendre ça, mais personne n’a sablé le champagne. On était juste soulagé de passer à autre chose », affirme M. Dumais.

Ce dernier a donc été extrêmement surpris lorsqu’un mois plus tard, à la veille du congé de Noël, les 26 enseignants de l’école ont reçu un grief patronal, les enjoignant de verser la somme de 15 000 $.

La Commission scolaire demande aussi au syndicat de payer le salaire d’une conciliatrice qui s’est présentée à l’école le 1er novembre dernier, puisque les enseignants auraient refusé de participer à son activité.

« Ça me fâche parce que tout était réglé, déplore M. Dumais. Pourquoi arriver avec une poursuite un mois plus tard ? Il y a maintenant une nouvelle directrice et tout va bien. »

« Les enseignants n’ont jamais intimidé Mme Young. On ne parle pas ici d’un syndicat de gros bras, mais bien d’une école primaire. »

La CSRDN silencieuse

Aucun enseignant n’a accepté de témoigner ouvertement dans nos pages, par peur de représailles.

« Je suis déçue par l’attitude de la commission scolaire. Pour nous, la page était tournée. Je ne comprends pas et ne me sens ni respectée, ni écoutée », a confié une enseignante au Journal.

Du côté de la commission scolaire, on refuse de commenter le dossier.

« Tout ce que nous espérons, c’est que notre grief soit entendu en audition le plus rapidement possible », dit le porte-parole Rémy Tremblay.

Le syndicat espère quant à lui que le dossier sera suivi par la population.

« Des enseignants poursuivis, je n’ai jamais vu ça, laisse tomber Jean Dumais. On veut juste que ça arrête. »

  • Le syndicat et les enseignants tiendront une manifestation aujourd’hui à midi devant les locaux de la commission scolaire.
Extraits du grief patronal déposé contre le syndicat et les 26 enseignants de l’école Sainte-Anne
«
 Il s’agit d’un acte patent d’intimidation de la part des enseignants de l’école Sainte-Anne, de représailles à l’endroit de la direction d’école. »
«
Nous demandons au syndicat et aux enseignants visés de reconnaître que le geste posé d’arriver en masse dans le bureau de la directrice était un geste d’intimidation. »

Extraits d’une lettre du personnel enseignant
de l’école Sainte-Anne
«
Depuis quatre ans, à l’école Sainte-Anne, une désagréable tension s’était installée entre la directrice et le personnel de cette école. »
«
Il faut porter un message clair à la CSRDN que ces gestes répressifs sont inacceptables et indignes de la part d’un employeur. »

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Avez-vous déjà été témoin d’importantes tensions entre le personnel d’une école et la direction ?

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