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Les CHSLD devraient-ils faire l’objet d’une surveillance plus étroite ?
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Recours collectif
Photo d’archives
Henri Dupont, un usager de l’Hôpital Saint-Charles-Borromée, avait osé faire une sortie publique à l’époque. On le voit, ici, en 2003 avec Jean-Pierre Ménard, l’avocat responsable du recours collectif.
Le règlement d’un recours collectif intenté par des résidents contre l’Hôpital Saint-Charles-Borromée pour mauvais traitement viendra mettre un terme à un douloureux litige qui s’étire depuis près de 17 ans.
« Je suis content qu’on arrive à un dénouement. Je visite encore l’endroit régulièrement et je peux dire qu’un conflit alourdit l’atmosphère », soutient le président du Conseil pour la protection des malades (CPM), Paul G. Brunet.
Vendredi, on apprenait qu’une entente serait sur le point d’être conclue dans l’affaire du recours collectif intenté par des usagers contre l’Hôpital Saint-Charles-Borromée, aujourd’hui devenue le CHSLD Centre-Ville-de-Montréal.
Les deux parties auraient trouvé une entente qui permettrait de dédommager les bénéficiaires résidant à l’Hôpital Saint-Charles-Borromée ainsi que les héritiers de ceux qui sont décédés dans les années 1990 et 2000. Plus de 300 personnes seraient concernées par le recours.
« Notre avocat nous a demandé de ne plus commenter afin de ne pas faire déraper l’entente qui est sur le point de se conclure », a indiqué, hier, le président du comité des usagers du CHLSD Centre-Ville-de-Montréal, Jean Noiseux.
Mauvais traitements enregistrés
Le recours collectif a été amorcé dans le milieu des années 1990 après que le Conseil canadien d’agrément eût estimé que l’établissement ne répondait pas aux normes en matière de soins des usagers.
L’Hôpital Saint-Charles-Borromée avait ensuite été pris en défaut, de nouveau, en novembre 2003.
Les sœurs d’une patiente de 51 ans avaient dévoilé des enregistrements qui démontraient que cette dernière était victime d’abus répétés de la part du personnel.
Des menaces, des moqueries ainsi que des propos méprisants, violents et à caractère sexuel avaient été captés par un micro dissimulé dans la chambre de la victime. Les sœurs de la dame souffrant d’un traumatisme crânien avaient eu recours à ce procédé croyant qu’elle était victime d’agressions sexuelles.
Le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Couillard, avait été choqué de l’attitude de la direction de l’établissement et avait ordonné une enquête.
Le directeur de l’hôpital, Léon Lafleur s’était enlevé la vie dans les jours suivant le début de cette saga. Il avait été retrouvé le 26 novembre 2003 dans une chambre de motel de Saint-Hyacinthe.
Le recours collectif a ensuite été élargi aux cas de maltraitance de patients présents à l’hôpital jusqu’en 2006.
Contrecoups chez les usagers
« Quand tu t’en prends trop à un établissement, ce sont les malades qui payent le prix. Des usagers qui osent critiquer publiquement se font même, parfois, laisser de côté par les autres », raconte M. Brunet.
C’est ce qui serait arrivé à Henri Dupont, un usager de l’Hôpital Saint-Charles-Borromée qui avait dénoncé publiquement, en 2003, les traitements reçus à cet endroit. M. Brunet soutient que plusieurs patients s’en étaient isolés parce qu’il avait critiqué leur milieu de vie.
Un autre recours
Le frère de M. Brunet, Claude, qui a habité dans cet hôpital pendant près de 30 ans a même déjà été menacé de mort par des membres du syndicat.
« À l’époque, ma mère avait dû embaucher des agents de sécurité pour les poster dans la chambre de mon frère », se souvient M. Brunet.
Claude Brunet, aujourd’hui décédé, a été à l’origine de la création du Conseil pour la protection des malades. Avec son organisme, il avait intenté un recours collectif contre le syndicat de l’établissement pour une grève illégale survenue en 1978.
« Nous avions réglé le tout hors cour en 1980. Chaque usager avait obtenu 300 $ ou 400 $ », se remémore Paul Brunet.
Ses souvenirs lui permettent de penser que les usagers actuels de l’hôpital devenu le CHSLD Centre-Ville-de-Montréal doivent être heureux de voir ce conflit vieux de près de 17 ans tirer à sa fin.
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