Un p’tit joint, avec ça
Les libéraux fédéraux ont fait sourire en approuvant, à leur congrès, il y a deux semaines, une résolution visant à légaliser la marijuana.
Le pot est la drogue de prédilection des boomers depuis 40 ans. Maintenant qu’ils arrivent à la retraite, la légalisation de la mari n’est plus tant un sujet révolutionnaire que nostalgique.
Depuis le temps qu’on en débat, les arguments des deux côtés sont archiconnus.
Pour : les effets du pot sont moins dévastateurs que ceux de l’alcool ou du tabac. La prohibition d’une substance populaire est vouée à l’échec et dévalorise le respect de la loi. Le trafic est entre les mains de bandits. Le gouvernement toucherait une taxe alléchante, etc.
Contre : la société n’a pas besoin d’une autre drogue, le tabac et l’alcool font assez de ravages. Fumer du pot est un vice qui mène à d’autres drogues, etc.
Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, a convenu en clôture du congrès que « la lutte contre la drogue a été un échec. »
Mais son langage corporel suggérait que la résolution – approuvée par 77 % des 1 200 délégués au congrès – avait peu de chances de faire un jour partie du programme des libéraux.
Pourquoi ?
Parce que l’Oncle Sam ne veut rien savoir.
Les É.-U. ont une politique fédérale de tolérance zéro; la possession de marijuana, même en petite quantité, y est un crime majeur ( federal offense) pourchassé par une très puissante agence fédérale, la DEA. Là-bas, un joint et c’est le casier judiciaire, sinon la prison.
Aucun gouvernement canadien, même « progressiste », ne voudrait déplaire à Uncle Sam en devenant son Mexique-Nord, l’inondant de Québec Gold. Mais pour combien de temps ?
Les États-Unis sont une société beaucoup plus conservatrice (plus violente, répressive et armée) que la nôtre, mais les choses semblent bouger là-bas.
Selon la maison de sondages Gallup, une majorité d’Américains appuie maintenant la légalisation du pot. Les opposants étaient 84 % en 1970; ils ne sont plus que 46 %.
Plusieurs États, dont le Colorado, poseront une question référendaire sur la légalisation de la mari à l’élection de novembre.
Usage médical
Selon le New York Times, la campagne du OUI marche rondement dans cet État. Elle est financée par les boutiques vendant du pot « médicinal », qui y ont proliféré dernièrement (il y a 88 000 usagers autorisés au Colorado, sur une population de 5 millions. Au Canada, ils sont 5 000 en tout, concentrés en Ontario et en Colombie-Britannique. Au Québec : 321).
Les « poteux » du Colorado ont aussi reçu un appui, sans doute involontaire, mais quand même important, de la part des éléments les plus conservateurs du parti républicain, les « dévolutionnistes » du Tea Party.
Décentralisation
Convaincus que Washington est devenu trop puissant, et trop présent dans leurs vies, ils veulent rapatrier les pouvoirs originaux aux États – dont les lois auraient préséance sur les lois fédérales...
Ron Paul, candidat républicain du Texas à la présidence, a déjà appuyé cette vision décentralisatrice....
Alors, voilà : Bob Rae et les jeunes libéraux ne sont peut-être pas si seuls que ça, finalement.
Même si ce n’est pas encore demain la veille que papi le boomer pourra s’acheter un 6/49 et deux pétards au dépanneur...
Un p’tit joint, avec ça
À ne pas manquer
Pour consulter cet article exclusif ainsi que tous les autres reportages, vidéos, photos et infographies dynamiques qui sont réservés à nos membres VIP, veuillez vous abonner ci-bas.
Cet article est réservé aux membres VIP du Journal de Montréal
Pour lire la suite ; accédez à votre compte abonnez-vous.
L'inscription est gratuite pour les abonnés du journal en version papier et/ou électronique.