Georges Leblanc

Le bateau pour gagner

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Richard Boutin @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

À trois mois de la mise à l'eau de son bateau, le skipper Georges Leblanc nous livre ses impressions sur la prochaine saison.

À trois mois de la mise à l’eau de son voilier, Georges Leblanc est confiant de compter sur tous les éléments pour remporter la Transat Québec/Saint-Malo dont le départ sera donné le 22 juillet.

« La situation est simple, a dit le skipper d’Océan Phénix, d’entrée de jeu. On veut terminer au premier rang dans la catégorie des monocoques et chauffer les fesses des multicoques. En 2008, nous avions atteint la Manche en même temps que les multicoques de 50 pieds. »

Machine extraordinaire

« Nous avons été la première équipe à s’inscrire à la Transat, ajoute Leblanc, et on veut être les premiers à débarquer à Saint-Malo. »

Leblanc estime qu’il se retrouve dans une bien meilleure position qu’en 2008. « La situation ne se compare pas du tout, a-t-il affirmé. Nous avons une machine extraordinaire entre les mains. Nous avons un voilier robuste qui peut connaître du succès dans toutes les sortes de conditions. C’est un voilier qui a été bâti pour faire le tour du monde.

« Le bateau sera capable de tous nous épuiser, poursuit le marin de 60 ans, et nous demandera beaucoup d’énergie, mais c’est le voilier qui ira le plus vite. Il faudra faire les bons choix, éviter les bris et être chanceux. »

Équipage

S’il dit miser sur un voilier de premier plan, Leblanc est aussi emballé par la qualité des équipiers. « C’est un travail d’équipe et je mise sur mon meilleur équipage en carrière. J’aurais pu dénicher des marins plus expérimentés en Europe, mais la dynamique n’aurait pas été la même. Ils seraient débarqués à Québec trois jours avant la course, alors que les membres d’équipage participent actuellement à toutes les étapes. Ils veulent tellement qu’on connaisse du succès. »

Meilleur niveau

En près de 20 ans à sillonner les mers du monde, Leblanc estime qu’il peut se comparer avec les meilleurs marins internationaux. « On apprend toujours, mais je suis au niveau des meilleurs, a-t-il déclaré sans souffler dans sa trompette. Parce que c’est moi qui paie et non pas des multinationales comme en Europe, je n’ai pas toujours eu le meilleur bateau, mais je possède maintenant ce qu’il faut pour être à l’avant.

« Au Québec, je passe parfois pour un hurluberlu qui brise tout, poursuit Leblanc avec un large sourire, mais tout va bien de 95 à 97 pour cent du temps. En Europe, les meilleurs skippers brisent leurs embarcations et les gens considèrent que c’est normal. Il ne faut pas oublier que l’océan est un milieu hostile où l’homme n’est que toléré. »

Leblanc n’a pas été épargné par les malchances. Il a heurté un conteneur en 2003 dans la Manche; il a survécu presque miraculeusement à l’ouragan Daniel en 1998, au large de Terre-Neuve; et il a heurté une bille de bois en 2008, au milieu de l’Atlantique.