Réforme de l’éducation

Le guide de français du ministère est «flou» et fait «perdre du temps»

Charles Lecavalier

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situation provincial

La réforme de l’éducation est de nouveau l’objet de dissension entre le gouvernement et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui a annoncé hier la publication d’un guide révisé du programme de français du premier cycle au primaire, jugeant que celui du ministère est «flou» et fait «perdre du temps».

«On pense que le système actuel produit plus d’élèves en difficulté que jamais, a estimé Pierre St-Germain, président de la FAE. Certaines écoles ont vu le nombre d’enfants qui empruntent un cheminement particulier passer du simple au double.»

Une situation inacceptable qui doit être redressée, quitte à revenir en arrière et autoriser le redoublement d’une année scolaire, selon lui.

Ce guide, distribué aux 3500 enseignants de première et deuxième année du primaire membres de la FAE, permet un suivi annuel de l’acquisition des compétences des élèves, alors que le cahier de charges proposé par le ministère de l’Éducation se contente d’une vérification à la fin de la deuxième année.

«En ce moment, l’exigence pour les élèves de première année est de savoir lire l’alphabet de A à Z et de connaître des mots fréquents et utiles, sans dire lesquels. C’est le barème, a affirmé Julie Simoneau, une professeure qui a participé à la rédaction du document. Pour le reste, on se fie au jugement des enseignants et on pellette le tout en deuxième année.»

«Là, les connaissances, c’est un buffet ouvert, à la carte, a-t-elle ajouté. Les enseignants se répartissent le contenu comme ils le veulent. Mais arrive un moment où certains élèves ne connaissent pas le mot “beaucoup” en quatrième année parce que personne ne leur a enseigné.»

Le guide révisé propose plutôt une liste de 150 mots en première année, et de 300 mots supplémentaire en deuxième année, ce qui permet un référentiel commun à toutes les écoles.

«Nous croyons fermement qu’un élève de première année qui n’a pas assez de connaissances en lecture et en écriture devrait recommencer, a pour sa part affirmé Armand Dubois, conseiller à la FAE. Autrement, les difficultés ne vont que s’accumuler. Actuellement, la réforme ne le permet pas. Il faudrait au moins que nous puissions constater où en sont les élèves dans leur apprentissage, et ce, à tous les ans.»

La FAE reconnaît qu’elle ne pourra pas rééditer l’expérience dans d’autres matières étant donné le coût de l’exercice, qui dépasse les 100 000$, mais espère que son initiative encouragera le ministère de l’Éducation à lui emboîter le pas.