j’ai essayé

S’initier à la dégustation de vin

Louis-Philippe Messier

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Louis-Philippe Messier dans le cadre de sa chronique a essayé pour vous une dégustation de vin.

Le Journal de Montréal

Le Journal de Montréal a confié son chroniqueur aux bons soins des gens de chez Ateliers & Saveurs afin qu’il y apprenne l’abc de la dégustation du vin. Résultat : le voici pourvu de quelques rudiments d’œnologie.

« Quel vin délicieux ! J’adore son arrière-goût ! », ai-je entendu quelqu’un s’exclamer récemment. « C’est un arrière-goût de liège, a répondu son ami, l’air désolé. Ce vin est bouchonné… » Afin de ne jamais me trouver dans le rôle ingrat, je suis allé chez Ateliers et Saveurs, dans le Vieux-Montréal, pour une initiation à la dégustation de vin.

Aménagés dans l’ancienne centrale télégraphique du CP Rail, les locaux d’A&S sont magnifiques. Pour une dégustation de six bons vins avec tapas, le prix variant entre 65 $ et 70 $ me semblait raisonnable. Heureusement que ma copine me tenait compagnie parce qu’il y avait 16 autres personnes, toutes en couple. Nos sommeliers s’appelaient Arnaud Ferrand, un des copropriétaires, et Julien Despeyroux.

« Beaucoup de couples reçoivent un atelier chez nous comme cadeau de Noël et ils viennent dans les semaines suivant les fêtes, dit Frédérique Fiemeyer, d’A&S. Normalement, il n’y a pas seulement des couples. Il est difficile de donner un âge moyen des participants tellement c’est variable. Disons qu’environ le tiers des participants sont des habitués, des gens qui s’y connaissent déjà un peu et qui reviennent chez nous quand une thématique les intéresse. Les débutants forment le reste de la classe. »

Toujours complets

Populaires, ces ateliers affichent toujours complet : un maximum de 18 participants. Entre les six vins que vous goûtez, on vous sert trois petits mets délicieux : deux tapas et une verrine. La thématique à laquelle j’ai eu droit ce soir-là : les vins de la Loire. Il existe des dizaines de thématiques. (N.B. : je vous signale une thématique qui me semble intéressante au mois de mars prochain : « 1976, le jugement de Paris : vins français vs vins californiens. »)

Regarder avant de goûter

Un atelier de dégustation de vin, c’est le contraire d’une beuverie. Non seulement vous ne boirez pas vite, mais vous attendrez avant de boire d’observer le « comportement » du vin dans votre verre. Juste à sa façon d’interagir avec le cristal de votre coupe, vous pourrez jauger de plusieurs de ses caractéristiques.

« On apprend à regarder et à humer le vin avant de le goûter », explique Arnaud Ferrand. Pour chacun des six vins goûtés, on répète les étapes d’examen visuel et olfactif ; celles-ci finissent donc par nous rentrer dans le crâne. Je suis sorti de chez Ateliers & Saveurs avec la certitude que j’allais me coucher moins niaiseux ce soir-là.

Au-delà du fort ou du doux

Il y a quelques années, on m’a demandé de donner mon impression au sujet d’un délicieux Château Cos d’Estournel 1986, je n’avais pu répondre qu’un très insatisfaisant : « Il est FORT »… Mon vocabulaire du vin se limitait alors à dire fort ou doux…

Dans Cyrano de Bergerac, le personnage de Christian a du mal à plaire à sa belle Roxanne puisqu’il n’est capable que de lui répéter « Je t’aime » ou « Je t’adore », alors que Cyrano, lui, exprime les nuances. La description d’un vin ressemble ainsi à un poème. Exemple : « Nez fin qui s’ouvre sur des notes de pomme verte et de calcaire. (...) Ce blanc sec laisse percevoir une vive acidité. Il révèle une texture souple qui sestompe dans une finale légèrement soutenue. » Je cite ici la SAQ au sujet d’un délicieux vin de la Loire découvert grâce à A&S : un muscadet Chéreau Carré 2010 qui ne coûte que 14,10 $… Alors chut ! N’ébruitez pas le secret ! Gardez-le pour vous.