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Confrontation déchirante

La fille de Diane Grégoire a tenté d’obtenir des aveux de son père en l’enregistrant

Confrontation déchirante
Photo d’archives Quelques jours après avoir signalé la disparition de sa femme à la police, Paul Laplante avait accordé, en février 2008, une rare entrevue au Journal, sous l’œil attentif de sa fille Elizabeth. Près de quatre ans plus tard, elle a accepté d’aider les policiers dans un ultime effort pour piéger son père.

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Au cœur d’une stratégie policière ultime mais déchirante, la fille de Diane Grégoire a tenté de faire craquer son père, Paul Laplante, en enregistrant le présumé meurtrier à son insu à l’aide d’un body-pack dissimulé sur elle.

Le Journal a appris, de sources bien au fait du dossier, qu’Elizabeth Laplante a accepté d’aider activement la Sûreté du Québec à une étape ­cruciale d’une enquête qui durait depuis près de quatre ans.

Cette opération exceptionnelle a été orchestrée peu de temps après la découverte des ossements de la mère de famille de 51 ans, trouvés le 21 novembre dernier dans un secteur boisé à Coteau-du-Lac.

Avec un body-pack

Les policiers détenaient alors une série d’éléments de preuves circonstancielles aux dépens du camionneur de 54 ans, qui convoitait la ­fortune de sa femme, selon le mobile du crime établi par la SQ.

Il leur manquait toutefois la « meilleure preuve » à présenter devant le tribunal en l’absence de témoins oculaires du crime : des aveux ou encore des paroles incriminantes provenant de la bouche du suspect.

Jusque-là, les opérations d’écoute électronique menées par la police de Longueuil s’étaient avérées vaines. La SQ, qui n’a pas commenté nos informations, a pris le relais dès que les restes de la victime ont été trouvés sur son territoire, à Coteau-du-Lac, où le crime aurait été commis.

Dans une audacieuse, mais délicate stratégie de dernier recours, le corps policier s’est tourné vers les deux enfants de Paul Laplante et de Diane Grégoire, Francis et Elizabeth, dans l’espoir de faire parler le suspect.

Selon nos sources, c’est Elizabeth Laplante qui a accepté la mission peu commune d’essayer de soutirer des confidences de son père au sujet du meurtre de sa mère.

Les policiers ont installé un dispositif d’enregistrement numérique de type body-pack sur le corps de la jeune Montréalaise avant qu’elle aille confronter Paul Laplante.

Il n’a rien dit

Ce dernier n’a cependant rien dit qui aurait pu servir à étayer l’enquête policière. On ne saura jamais si l’ex-maire de Saint-Liboire avait flairé le piège, lui qui vivait alors isolé de ses enfants depuis déjà plusieurs mois.

Il s’est pendu dans sa cellule à la prison de ­Rivière-des-Prairies, le 9 janvier.

Jointe à plusieurs reprises, Elizabeth Laplante – qui s’est fait voler les bijoux et le journal intime de sa mère par des cambrioleurs, le 31 janvier – n’a pas nié nos informations, mais s’est gardée de les commenter.

Rares précédents

Cette technique d’enquête singulière n’est pas sans rappeler l’implication de Nathalie Simard dans celle ayant permis la mise en accusation de Guy Cloutier pour agression sexuelle.

En mars 2004, l’ex-vedette de la chanson avait piégé son impresario dans la cuisine de la maison où elle habitait, dans la région de Granby. Des micros et des caméras avaient été dissimulés dans la pièce et des policiers, prêts à ­intervenir, s’étaient cachés dans un placard.

Guy Cloutier avait alors tenté d’acheter le silen­ce de sa victime, tout en livrant des aveux incriminants, sans savoir qu’il était enregistré. Arrêté dans les jours suivants, il a plaidé coupable et a écopé 42 mois de pénitencier. Sans cet enre­gistrement, « il m’aurait détruite », avait ensuite confié Nathalie Simard.


  • Paul Laplante a été inculpé du meurtre ­prémédité de Diane Grégoire, le 13 décembre. Interrogé pendant six heures par les enquêteurs de la SQ, il est resté muet comme une carpe.
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