Le silence des otages

CA_MichelHebert

Michel Hébert @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Aux questions faciles sur le débrayage dans des CPE de la région métropolitaine, les grévistes et les professionnels de la CSN ont donné, lundi, les réponses creuses habituelles : « Les parents nous appuient; les parents comprennent… »

Toute la journée, les grévistes ont brandi leurs pancartes devant les caméras de télévision sans devoir expliquer précisément leurs vrais objectifs. On peut dire n’importe quoi quand les otages sont silencieux...

Oui mais...

Les contribuables ne savent donc pas grand-chose de ces négociations. Les syndicats ne cachent pas leurs demandes, il faut le leur demander. Absurdement, les fonctionnaires de la « partie patronale », sous les ordres d’un consultant du privé, gardent le silence depuis des semaines. À la télé, la ministre de la Famille et de l’Enfance, Yolande James, a donné la réplique à la CSN, sans donner de détails.

Ces négociations sont pourtant cruciales. Car, outre les salaires, les congés, les assurances et tutti quanti, le plus important, l’enjeu principal, c’est la gouvernance des garderies. Les syndicats veulent un droit de regard sur l’embauche. Le placement syndical que l’on peine à éliminer dans l’industrie de la construction serait introduit dans les garderies, bravo!

Ne pas indisposer

Voilà pourquoi 119 garderies étaient fermées en ce petit lundi frisquet de février. Les parents ont été pris en otages, mais pas un n’a protesté. En vérité, ils n’ont pas le choix de se la fermer. Dans les garderies comme au centre d’accueil, il vaut mieux ne pas indisposer le personnel... Alors, personne ne dit que c’est trop, six semaines de vacances. Que c’est exagéré, 11,25 % d’augmentation. Que ça n’a pas de sens d’accumuler les congés et les prétextes pour ne pas travailler. On devine la suite : les conditions de travail des CPE seront alignées sur celles de la fonction publique, cet univers parallèle et douillet vu par plusieurs comme un idéal à atteindre...