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Grève dans le CPE

Un autre débrayage semble inévitable

360 Centres de la petite enfance pourraient fermer vendredi

Sarah-Maude Lefebvre

Sarah-Maude Lefebvre @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Entrevue avec une travailleuse en CPE lors de la manifestation du lundi 6 février 2012.

Journal de Montréal

Après une première journée de grève ­touchant 119 installations hier, 360 Centres de la petite enfance songent à fermer leurs portes vendredi, une situation qui pourrait pénaliser plus de 22 000 familles partout à travers le Québec.

Après plus de deux ans sans contrat de travail, les travailleurs des Centres de la petite enfance (CPE) ont perdu patience.

Hier, 119 installations, principalement dans les ­régions de Laval et Montréal, étaient fermées, ­causant bien de maux de tête aux parents des quelque 5 000 enfants touchés par cette grève.

La situation pourrait se répéter ce vendredi, mais cette fois dans une plus grande proportion, puisque les travailleurs syndiqués de 360 CPE de partout au Québec pourraient tenir une autre journée de grève, si une entente n’est pas conclue.

« À mon avis, il est fort probable que l’on tienne une journée de grève vendredi. Les négociations ne se passent pas très bien », a commenté au Journal Éric Mondou, président du Syndicat des travailleurs des CPE de Montréal et Laval, affilié à la CSN.

Négociations complexes

Les négociations, qui se déroulent sur deux fronts, expliquent en partie la complexité du conflit.

Le débrayage d’hier repose sur des enjeux régionaux et principalement administratifs. Les travailleurs des régions de Montréal et de Laval souhaitent notamment avoir voix au chapitre de l’embauche, chose que la partie patronale considère comme sa chasse gardée.

Néanmoins, «85% du dossier » est ­réglé, selon ­l’Association patronale des CPE de ­Montréal-Laval. Les deux parties doivent retourner à la table de ­travail le 14 février.

« Je ne comprends pas pourquoi le syndicat a ­décidé de tenir une journée de grève alors que les ­négociations vont de bon train », déplore à ce sujet la porte-parole Sylvie Rivard.

Si elle est tenue, la journée de grève de vendredi en sera une d’ordre national. À ce niveau, c’est la ­rémunération de travailleurs qui pose problème.

On ne saura pas avant jeudi soir s’il y a aura bel et bien débrayage vendredi.

« Les parents en otage »

En entrevue au Journal, la ministre de la Famille Yolande James a dénoncé l’attitude des travailleurs des CPE qui « prennent les parents en otage ».

« La grève est une mesure ultime. Je ne comprends pas qu’on y ait recours alors que toutes les parties ­reconnaissent que les négociations avancent. C’est prématuré.

« Nous sommes prêts à négocier 24 heures sur 24. Nous pouvons certainement en arriver à une entente. C’est la première fois que tous les employeurs sont regroupés à la même table de négociations. Ce n’est pas un procédé habituel, donc c’est certain que ça représente un défi ».


  • Seulement 40% des CPE du Québec sont syndiqués. Le débrayage de vendredi, s’il y a lieu, ne touchera donc pas la majorité des établissements.