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La portion de session parlementaire qui s’ouvrira mardi prochain, 14 février, sera chaudement disputée puisque ce sera le dernier affrontement avant les élections générales. La dernière impression laissée est importante.
Il n’y aura pas beaucoup d’amour dans l’air au Salon bleu, le jour de la Saint-Valentin. Le Parti québécois reprendra ses attaques sur les allégations de corruption du gouvernement Charest et la cession à vil prix de nos ressources naturelles à des intérêts étrangers. En tapant inlassablement sur ces deux clous, il a marqué des points dans l’opinion publique. Il n’a même pas à faire la preuve de ses avancées. Une forte proportion de gens prend pour acquis que le gouvernement est pourri jusqu’à la moelle et qu’il donne notre minerai, en engraissant au passage des amis du régime.
Le PQ reviendra aussi à la charge sur l’inaction du gouvernement face au recul du français à Montréal et sur la question identitaire.
Des conservateurs à Ottawa lui ont par ailleurs fourni des arguments pour reprocher à Jean Charest sa mollesse face au gouvernement fédéral qui irait à l’encontre des valeurs québécoises. Il agitera les épouvantails de la réouverture des débats sur la peine de mort et l’avortement, à la suite des déclarations du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu et du député Stephen Woodmorth.
Le changement
L’équipe parlementaire de François Legault comptera sur des jouteurs efficaces en Gérard Deltell, Éric Caire, François Bonnardel, François Rebello, Sylvie Roy… La Coalition Avenir Québec veut s’imposer comme la véritable opposition officielle au gouvernement Charest.
Son plus gros défi sera de continuer à incarner vraiment le changement, pour répondre à la recherche de nouveauté de l’électorat. Les adversaires de la CAQ multiplieront les pièges, de leur côté, pour démontrer l’absence de cohésion au sein d’une coalition abritant des souverainistes et des ultra-fédéralistes, des tenants de la gauche efficace et des ténors de la droite.
L’économie
Les libéraux mettent tous leurs oeufs dans le même panier, le développement économique. C’est la marque de commerce traditionnelle de ce parti.
Le Plan Nord commence à être mieux connu mais Jean Charest a encore un énorme travail à faire. Il lui faut contrer les attaques sur le don de nos resources non renouvelables et démontrer aux Québécois que le Plan Nord est aussi un Plan Sud. Des entreprises de tout le Québec deviendront des fournisseurs de biens et services pour le développement du Nord québécois. Des travailleurs venus de toutes les régions y trouveront des emplois lucratifs pendant quelques décennies.
M. Charest pourra aussi plaider que le Québec a bien traversé les dernières tempêtes économiques. Il s’en tire avec un taux de chômage respectable.
Outre les accusations sur la corruption et les manquements à l’éthique, le gouvernement sera vulnérable sur les ratés du système de santé. Il a créé des attentes si élevées que le boomerang lui revient à la figure.
Pas de vagues
Le gouvernement ne fera pas de grosses vagues sur le plan législatif. Le budget du ministre Raymond Bachand ne contiendra pas de mauvaises nouvelles. Les hausses de taxes et de tarifs ont déjà été annoncées l’an dernier.
Les projets de loi sur les mines, sur le Plan Nord, sur l’aménagement durable du territoire, donneront encore lieu à des débats serrés en raison de l’enjeu electoral qu’est le Plan Nord. Par contre, je parie que plusieurs projets de loi qui ont soulevé des controverses, comme celui sur l’inspection environnementale des minounes, mourront au feuilleton.
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