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photo d’archives
Le ministre Lebel explique que le projet d’amphithéâtre de Laval devait servir aux loisirs et au sport amateur lorsque le dossier a été soumis au ministre de l’époque, John Baird.
Le sort en est jeté. Après Québec, le gouvernement fédéral n’investira pas un sou dans le financement d’un amphithéâtre à usages multiples à Laval si le centre devient le domicile de l’équipe-école du Canadien. Cette position vaut tout autant pour une équipe junior.
On ne parle pas d’entreprises qui génèrent des centaines de millions de dollars de revenus et qui empochent des profits comparables à ceux que réalise le Tricolore.
Les plus hauts salariés des Bulldogs de Hamilton sont les défenseurs Alex Henry et Garrett Stafford, qui touchent respectivement des salaires de 200 000 $ et de 250 000 $ en raison de leur statut de vétérans. Les deux sont dans la trentaine.
Les jeunes joueurs de l’équipe gagnent entre 60 000 $ et 70 000 $.
Quant aux joueurs de calibre junior, ils sont purement exploités. Les salaires sont à peine plus élevés que ce qui se donnait il y a 40 ans, soit bien en deçà de 100 $ par semaine.
POLITIQUE UNIFORME
Quoi qu’il en soit, le gouvernement Harper ne fait pas de distinctions.
« Le premier ministre a été clair là-dessus lors d’une intervention qu’il avait faite à l’aéroport de Québec », rappelle son ministre de l’Infrastructure, Denis Lebel.
« Ça s’applique autant pour le football en Saskatchewan que pour le hockey en Alberta. On a ajouté le hockey junior dans le même volet lors de la dernière campagne électorale (en mai dernier).
« Évidemment, la décision est difficile à recevoir pour les villes propriétaires d’amphithéâtres sportifs et les propriétaires d’équipes sportives. Mais à titre de ministre responsable des infrastructures, c’est une politique constante que je vais me charger d’appliquer partout au pays. »
Au nom de quoi ? De l’équilibre budgétaire.
DES COUPES PARTOUT
Le gouvernement Harper en fait une priorité.
L’exercice est noble, mais bien des amateurs ont le sentiment que le gouvernement a un penchant marqué pour la culture et le monde du spectacle.
Confronté à ce dilemme, le ministre Lebel affirme que le gouvernement va sabrer plusieurs programmes au niveau de tous ses ministères.
« On a identifié des pistes de solution qui permettront des réductions de 5 % à 10 % dans chacun de nos ministères », indique-t-il.
« Au chapitre des pensions de vieillesse, aucune décision n’a été prise, mais on va voir où les discussions vont mener. »
« Ça démontre notre sérieux de vouloir revenir à l’équilibre budgétaire. »
Pas sûr, toutefois, que le gouvernement aille de l’avant avec son idée de hausser l’âge d’admissibilité aux prestations de pension du fédéral à 67 ans.
Mais ça, c’est une autre histoire.
OUI AUX ÉQUIPEMENTS PUBLICS
Pour revenir au projet d’amphithéâtre de Laval, le ministre Lebel répète que le complexe devait servir aux loisirs et au sport amateur lorsque le dossier a été soumis au ministre de l’époque, John Baird.
À cet égard, il mentionne que le gouvernement Harper continue de subventionner les projets de construction ou de rénovation d’installations sportives servant à la population.
Le ministre Lebel est lui-même un grand sportif.
Adepte de vélo, il a pris part à trois reprises au Grand défi Pierre-Lavoie, marathon cycliste entre son Saguenay-Lac-Saint-Jean natal et Montréal.
Dans sa jeunesse, il a joué au hockey junior et senior ainsi qu’à la fastball au Saguenay. Il est d’ailleurs un bon ami de Mario Tremblay.
Ce n’est donc pas comme si le sport lui était indifférent.
« Il faut faire des choix dans la vie, même s’ils sont parfois déchirants », continue-t-il.
« On voudrait tout régler. Dernièrement, j’ai eu une rencontre avec les ministres des affaires municipales provinciaux et des Territoires du Nord-Ouest au sujet du problème des eaux usées polluant les lacs. »
Il faut reconnaître que c’est là un vrai problème de société.
« On ne conteste pas que le sport professionnel est un moteur économique important », reprend le ministre Lebel.
« On sait que le premier ministre est un grand amateur de hockey. Lorsque des gens d’affaires sont prêts à investir pour faire rouler l’économie, il faut regarder comment ils s’y prennent et s’inspirer parfois de leur façon de procéder. »
LES MOLSON : UN MODÈLE À SUIVRE
À ce titre, le ministre cite les Molson comme un modèle à suivre.
« Ils ont bâti leur amphithéâtre sans aucun denier public , rappelle-t-il. Ils doivent servir d’exemple pour ce qui se fait ailleurs. » On est loin du modèle américain.
Au cours des 20 dernières années, grâce à la participation des instances publiques, les stades de baseball et de football ont poussé comme des champignons là-bas.
Des équipes de la Ligue nationale de football ont usé de chantage en menaçant de déménager si elles n’obtenaient pas un nouveau stade. Certaines l’ont fait.
Les Colts ont quitté Baltimore avec leur bazar en pleine nuit pour aller s’établir à Indianapolis.
Pendant ce temps, chez nous, en raison d’un dollar faible et faute de pouvoir engranger des revenus additionnels, les Nordiques et les Jets sont partis vers d’autres cieux.
Y a-t-il un juste milieu quelque part ?
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