Il reste exactement 30 jours avant le premier match de l’Impact dans la MLS, qui sera sur la route, et 37 jours avant le match d’ouverture à domicile contre Chicago.
Les matchs préparatoires d’avant-hier, d’aujourd’hui et de mardi prochain contre Houston, Portland et Los Angeles permettront de mieux juger ce que vaut la formation quand elle affronte les clubs qu’elle retrouvera en saison régulière.
Jusqu’ici, on a construit en commençant par l’arrière. Au risque de déplaire aux Eurosnobs, on a aussi taillé le produit pour le style de soccer pratiqué dans la MLS.
Gros marchés
Entre les poteaux, l’équipe n’aura rien à envier à aucune autre formation. La défense et le milieu de terrain semblent aussi en mesure de tenir leur bout. C’est à l’attaque que le problème est criant : on cherche encore la perle rare.
Le seul attaquant vraiment aguerri est Brian Ching. Il a peut-être retrouvé sa bonne humeur, mais un joueur qui aboutit dans un club qu’il ne désirait pas est rarement dans les meilleures dispositions. Il a aussi 33 ans et sa production déclinait déjà.
L’Impact n’avait rien à perdre à tendre des perches à des stars comme Del Piero, Toni ou Ballack, qui feraient vendre des billets à l’étape cruciale du démarrage. Mais le résultat montre qu’il sera difficile d’attirer un très gros nom à Montréal, à moins qu’il soit au bout du rouleau ou que l’équipe dépense beaucoup plus que ce qu’elle semble disposée à faire présentement.
Les vedettes étrangères qui disent oui à la MLS sont attirées par les marchés comme New York ou Los Angeles. Le problème n’est pas spécifiquement montréalais. Il n’y a pas non plus de superstars à Columbus ou à Kansas City. Les Chinois du Shanghai Shenhua ont dû mettre autour de 10 millions sur la table pour qu’un Nicolas Anelka choisisse une destination marginale dans la planète foot.
Penser autrement
Les vraies solutions en attaque sont peut-être du côté de joueurs moins connus et moins chers, mais avec plus d’années devant eux et plus de choses à prouver.
Le Maltais Étienne Barbara avait marqué 20 buts l’an dernier dans la NASL, avec les Railhawks de la Caroline. L’Impact détenait ses droits et le joueur disait vouloir venir à Montréal.
À 29 ans, n’ayant jamais réussi à percer dans un gros club européen, avec notamment un essai infructueux au Sheffield Wednesday, la MLS était sa meilleure option et non une fin de carrière. Mais il avait des ambitions salariales démesurées ou alors l’Impact cherchait trop une aubaine. Dommage.
Avec 26 buts en 64 matchs sous les couleurs de l’Union de Philadelphie, le Français Sébastien Le Toux, formé à Rennes, aurait pu être une autre option intéressante. Mais c’est Vancouver qui a su, comme disait Don Corleone, lui faire une offre qu’il ne pouvait refuser. Encore dommage.
Les Timbers de Portland, qui évoluent dans un marché intermédiaire comme Montréal, viennent de signer l’intéressant Kris Boyd. À 29 ans, le meilleur marqueur à vie de la Scottish Premier League a 164 buts au compteur, dont 101 en 118 buts avec les Glasgow Rangers entre 2006 et 2010.
Bref, il est peut-être préférable d’oublier les vedettes vieillissantes hors de prix et de miser sur des joueurs moins connus, mais à qui on offrirait suffisamment pour les convaincre de signer ici.
On peut certes commencer l’année sans un gros attaquant, mais le magasinage sera plus compliqué quand les joueurs disposés à bouger auront déjà été en pourparlers avec plusieurs organisations.