Goon

La violence au hockey peut-on en rire ?

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Maxime Demers

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

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À l’heure ou les commotions cérébrales se multiplient dans la LNH, des ex-hockeyeurs et des analystes sportifs se questionnent sur la pertinence de la comédie Goon : Dur à cuire, un « Slap Shot moderne », qui raconte l’histoire d’un bagarreur de bar engagé pour faire la loi sur la patinoire.

Le héros du film (campé par Seann William Scott) n’a jamais joué au hockey et a même du mal à se tenir debout sur ses patins. Son seul talent est d’être particulièrement doué pour la bagarre…

Sa mission sera donc de protéger le joueur étoile d’une équipe de ligue mineure (Marc-André Grondin), qui traverse une léthargie depuis qu’il a été sauvagement frappé par le goon le plus dangereux du circuit (Liev Schreiber).

« C’est une insulte au hockey et aux joueurs de hockey, lance Enrico Ciccone, un ancien joueur robuste de la Ligue nationale aujourd’hui analyste à TVA Sports.

« J’ai vu la bande-annonce, et les gars dans le film ne savent même pas patiner ! Tout ce qu’ils font, c’est se battre et se taper dessus.

« Personnellement, je trouve ça ridicule. Ce n’est pas ça, le hockey. C’est très mauvais pour l’image du hockey. » ajoute Ciccone. « C’est sû­r que moi, je n’encouragerai pas ce film-là. Ce n’est pas très inspirant de voir des gars se donner des coups de poing sur la gueule sur une patinoire. En plus, c’est du réchauffé. Ç’a déjà été fait dans Slap Shot à l’époque. Ce n’est plus drôle aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans la ligue. »

Sujet délicat

Même s’il n’a pas vu le film, l’auteur et chroniqueur Réjean Tremblay convient que le moment n’est pas idéal pour sortir ce type de comédie.

« Personnellement, ça fait 36 ans que j’écris pour dénoncer les batailles au hockey, souligne Réjean Tremblay.

« Je trouve les bagarres grotesques, sauvages, dangereuses ; ce sont des agressions. Je suis même parfois mal à l’aise avec la popularité de mon personnage de Mac Templeton dans Lance et compte.

« S’ils font de l’argent avec ce film, c’est leur affaire. Mais je pense que ça va à l’encontre des tendances actuelles. »

Même son de cloche du côté d’Yvon Pedneault, chroniqueur au Journal, qui trouve aussi le sujet délicat :

« Le contexte a beaucoup changé depuis la sortie de Slap Shot (en 1977). Avec la multiplication de blessures à la tête et l’épidémie de commotions cérébrales, je ne suis pas sûr que le timing soit très bon. »

« Une caricature »

Les artisans du film se défendent en soutenant que Goon n’est qu’une comédie, une « caricature ».

« On est tous contre la violence au hockey et contre les commotions cérébrales, signale le producteur québécois du film, André Rouleau.

« Mais dans le film, la violence est tellement à un niveau élevé et exagéré que le spectateur se rend bien compte qu’on ne prône pas les bagarres au hockey et que c’est de l’humour.

« Il ne faut surtout pas le prendre au premier degré. C’est une comédie et je dirai même qu’en caricaturant la violence au hockey, le film nous force à réfléchir sur le problème. »

 

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