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Desharnais : un vrai de vrai

Bob Hartley

Bob Hartley

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Desharnais : un vrai de vrai

Photo d’archives

J’aurais bien aimé que David Desharnais accepte mon offre de jouer en Suisse...

Zurich, Suisse | Plus je regarder jouer David Desharnais et plus je suis impressionné par les qualités et les atouts du jeune attaquant. Je trouve qu’il progresse à un train d’enfer.

Je dois vous avouer quelque chose : après avoir accepté le poste d’entraîneur en chef des Lions de Zurich le printemps dernier, j’avais contacté David pour lui offrir de m’accompagner en Suisse, de vivre l’expérience de jouer au hockey en Europe.

Je rêvais de pouvoir miser sur un duo du tonnerre composé de Desharnais et de Jeff Tambellini.

David a toutefois accepté le contrat de deux ans que lui a offert le Canadien et il est vite devenu un joueur bien établi dans la Ligue nationale. Tambellini, de son côté, est le meilleur attaquant de mon équipe. Il représente toute une acquisition pour les Lions.

J’imagine facilement comment Desharnais et Tambellini auraient pu connaître du succès au sein de la même ligne d’attaque.

Desharnais est en train de s’imposer comme étant le joueur de centre numéro 1 du Canadien, lui qui totalise autant de points (37) que Tomas Plekanec.

Il ne faut pas oublier non plus qu’il présente un différentiel de + 10, ce qui est excellent au sein d’une équipe qui ne connaît pas une bonne saison.

J’aurais bien aimé attirer Desharnais à Zurich

DE LA GRAINE DE CAPITAINE

L’autre jour, Desharnais s’est fait rabrouer par certains commentateurs à la suite de propos qu’il a tenus après une défaite amère, alors qu’il maudissait le fait que l’équipe commettait toujours les mêmes erreurs.

Je trouve que David avait pleinement raison d’exprimer sa frustration, même s’il est un jeune joueur.

J’aime son caractère. Il n’accepte pas la défaite.

J’estime que Desharnais possède de la graine de capitaine, un rôle qu’il a d’ailleurs occupé avec les Saguenéens de Chicoutimi.

LE COUP DE POUCE DE CARBO

C’est grâce à Guy Carbonneau qu’il a obtenu un premier contrat des ligues mineures avec l’organisation du Canadien.

Carbo connaissait le potentiel de David. La direction des Saguenéens lui avait vanté les mérites de cet attaquant « petit format grand cœur ».

Parfois, dans la vie, on a besoin d’un coup de pouce pour aller plus haut et Carbonneau l’a fourni à Desharnais, qui n’a pas raté sa chance.

À l’instar d’un Martin Saint-Louis, il s’est fait dire durant toute sa carrière qu’il était trop petit, que la LNH n’était pas pour lui.

Desharnais a surmonté ces préjugés. Sa ténacité et sa détermination ont été récompensées.

Sur l’autoroute menant au succès, son physique aurait pu constituer un obstacle. Il aurait pu se retrouver dans le fossé.

Mais non. David n’a jamais baissé les bras. Ce jeune homme a appris à composer avec l’adversité.

Avant de déloger Scott Gomez et quelques autres joueurs de centre à Montréal, il a dû tasser tout le groupe d’attaquants qui se retrouvaient avec les Bulldogs de Hamilton, des attaquants qui avaient été repêchés par l’organisation et qui avaient donc plus de chances de se faire valoir.

SON DEUXIÈME PÈRE

J’ai eu l’occasion de m’entretenir récemment avec les membres de la famille Bernier à Chicoutimi.

Pourquoi il est-il question d’eux dans cette chronique ? Parce que c’est cette famille qui a hébergé Desharnais durant son stage dans les rangs juniors.

Monsieur Bernier, qui m’a écrit pour envoyer son gendre à mon école de hockey, n’avait que du bien à raconter au sujet de Desharnais.

C’est pratiquement comme un deuxième père pour David tellement il le connaît bien. Il m’a vanté son côté compétitif, fonceur.

Oui, je suis devenu un fan de David Desharnais.

Il est la preuve vivante qu’il faut parfois baisser les yeux pour voir un grand.