Rentrée parlementaire

CA_MichelHebert

Michel Hébert @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Jean Charest

Photo agence QMI, Éric Beaupré

Jean Charest a écarté la possibilité d’élections précipitées.

La rentrée parlementaire de mardi sera empreinte d’une fébrilité plus grande qu’à l’accoutumée. Ce sera peut-être la dernière avant les prochaines élections. Car, même si Jean Charest affirme, comme en 2008, qu’il ne tient pas vraiment à se lancer en campagne électorale, il préférera le faire avant que la commission Charbonneau nous montre à quel point le milieu de la construction est corrompu.

M. Charest a indiqué jeudi qu’il y aura des élections quand « ce sera dans l’intérêt des Québécois ». Ce n’est actuellement pas le cas, doit-on comprendre.

Inspiré par l’air des Bois-Francs, il a déclaré à Victoriaville hier qu’il n’y aura pas d’élections avant les 20 et 21 avril prochain, alors qu’aura lieu à Montréal un forum sur le Plan Nord.

Le premier ministre semble donc décidé à ne pas se lancer en campagne électorale rapidement. Il a toutefois prévenu les journalistes de ne pas tirer de conclusions trop vite. « N’allez pas vous acheter une piscine hors terre avec le temps supplémentaire que vous allez faire », leur a-t-il dit, en riant.

C’est connu : tous les partis politiques font des sondages. L’un d’eux donne les trois principaux partis au coude à coude, chacun obtenant environ le tiers des électeurs. Comme tout se joue dans les circonscriptions francophones, les « chiffres » ne satisfont pas encore les libéraux. L’hésitation de M. Charest est donc compréhensible.

Au PQ, c’est la bonne humeur. « Libérés des Rebello », les péquistes fourbissent leurs armes tandis que les caquistes de François Legault multiplient les activités de financement.

D’autres indices annoncent un printemps électoral. Deux projets de loi chers à M. Charest sont actuellement débattus en commission parlementaire. Le projet de loi 24 créant la Société du Plan Nord et le projet de loi 14 sur l’exploitation des ressources minérales. Le président de la commission qui les étudie, le député Claude Pinard, s’étonne de l’impatience des libéraux alors que seulement la moitié du temps réglementaire est écoulée. Pour les péquistes, il est clair que les libéraux cherchent un prétexte pour justifier un bâillon. L’adoption rapide de ces projets de loi donnerait à Jean Charest toute la marge de manœuvre requise pour passer à l’action et se présenter devant l’électorat comme le père légitime du Plan Nord.

Le ministre des Finances, Raymond Bachand, présentera en mars un « budget de continuité », c’est-à-dire un budget aligné sur les précédents. M. Charest a précisé hier que ce budget en sera un de « rigueur ». Il a fait comprendre que, à cause de l’incertitude régnant dans le monde, il valait mieux pour le Québec d’opter pour la prudence. En d’autres mots, le Québec se portera mieux tant qu’il sera aux commandes.