Graves accusations

Trois présumés proxénètes libérés

Deux jeunes filles ont vécu un calvaire après avoir fugué d’un centre de la DPJ à Laval

Michael Nguyen @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Au terme de leur enquête sur cautionnement, trois individus accusés d’avoir forcé deux filles mineures en fugue à se prostituer ont pu recouvrer leur liberté hier, en attendant la suite des procédures judiciaires.

 

Mohammed Rami Taha, 19 ans, Naib Ali Soilihi et Abdul Karim Nassereddine, tous deux âgés de 20 ans, font face à la justice pour de graves accusations de nature sexuelle contre deux mineures.

Proxénétisme juvénile, traite de personne mineure, agression sexuelle, contact et incitation à des contacts sexuels, prostitution juvénile, agression armée, menaces de mort… Malgré toutes ces accusations, ils ont été libérés moyennant une caution de 2 000$ chacun, un couvre-feu de 21 h à 5 h et l’interdiction de communiquer avec leurs présumées victimes.

Le calvaire commence

Le 18 février 2011, les deux filles mineures auraient fugué d’un centre de la Direction de la protection de la jeunesse, à Laval, a témoigné un enquêteur de la police de Montréal. Elles ont alors été « cueillies » par une personne mineure, dont nous ne pouvons révéler l’identité, de même que celle des deux jeunes filles.

C’est deux jours plus tard que le calvaire des victimes aurait commencé. Le jeune homme les aurait amenées à une résidence de la rue Viau, à Montréal. Sous la menace et l’agressivité du jeune homme, les victimes auraient été forcées d’avoir des relations sexuelles, moyennant rétribution, avec deux des accusés qui ont comparu hier.

Soilihi était présent, il savait que les jeunes filles étaient mineures, mais il n’aurait pas eu de relation sexuelle avec ce jour-là, a expliqué l’enquêteur.

Toujours sous le contrôle du jeune homme, les victimes auraient alors été amenées dans un motel de l’est de Montréal. Taha et Nassereddine ont loué une chambre où le calvaire des deux adolescentes a continué, a poursuivi l’enquêteur. Nassereddine aurait eu des relations sexuelles, mais aurait refusé de payer, sous prétexte qu’il avait payé pour la chambre.

Le lendemain, les jeunes filles ont alors été transportées à Saint-Léonard, pour avoir des relations sexuelles avec un autre mineur. Ce dernier, quand il a appris que les filles étaient mineures et en fugue, aurait expulsé tout le monde de chez lui.

Les filles ont alors été ramenées à la résidence sur la rue Viau, où elles ont réussi à s’enfuir de leurs bourreaux.

Peu d’antécédents

La mère de Nassereddine est venue témoigner en faveur de son fils, qui n’a pas d’antécédents criminels. Elle a expliqué au juge que son fils travaillait dans le restaurant familial depuis quatre ans, et qu’il était une bonne personne.

Taha n’a pas non plus de casier judiciaire, bien qu’il ait une cause pendante de fabrication de monnaie contrefaite et de bris de conditions. Soilihi, pour ça part, avait été déclaré coupable de voies de fait à Repentigny.

L’avocat de Nassereddine, Me Marion Burelle, a plaidé que la cause datait d’il y a un an, et que rien dans la preuve jusqu’à maintenant ne démontre la contrainte où la rétribution d’argent.

Une des présumées victimes aurait d’ailleurs changé sa version tandis que l’autre serait présentement en fugue.

Le dernier suspect, Mehdi Mohamed Hamza Mezri, a quant à lui été arrêté hier. Le jeune homme de 21 ans subira son enquête sur cautionnement lundi, la Couronne s’étant opposée à sa libération sous conditions.

M. R. taha
N. A. soilihi
M. M. h. mezri
A. nassereddine