Laplante

Trahi par des «tie wraps»

Agence QMI

Publié le: | Mise à jour:

LaPlante

© Capture d'écran

Pendant une bonne partie de l'interrogatoire, Paul Laplante refuse de regarder l'enquêteur. Il lui tourne le dos, se place face contre le mur, se bouche même les oreilles.

MONTRÉAL – Tentant de faire la lumière sur l'assassinat de Diane Grégoire, la Sûreté du Québec disposait d'un élément de preuve qui permettait de lier Paul Laplante à ce meurtre, soit des attaches de plastique de type «tie wrap», a rapporté TVA Nouvelles.

Alors que la Sûreté du Québec tentait de tirer les vers du nez de Paul Laplante, l'enquêteur menant l'interrogatoire a mis de la pression sur le suspect. Afin d'inciter le suspect à passer aux aveux, l’enquêteur a indiqué que la SQ disposait d'un élément de preuve qui appuyait la thèse selon laquelle l'homme de 54 ans avait prémédité son crime.

«Le point culminant de tout ça, Paul, c'est la découverte du corps de Diane, a lancé le détective. Il y a un élément majeur qui est retrouvé chez toi, après le meurtre et qui est retrouvé aussi sur la scène de crime.»

Selon TVA Nouvelles la preuve en question était des attaches autobloquantes de plastique, mieux connues sous le nom anglais de «tie wraps».

Lors de leur analyse, les experts ont réussi à prouver que des attaches de plastiques retrouvées sur les lieux où a été découvert le corps de Diane Grégoire étaient de la même série que des attaches ayant été trouvées dans la poubelle de Paul Laplante.

Des informations voulant que Paul Laplante se fût rendu, à la veille de la disparition de sa femme, au magasin Home Depot de Saint-Bruno pour y faire l'achat de «tie wraps» ont circulé pendant l'enquête.

Or, l'analyse a permis de démontrer que les attaches utilisées provenaient plutôt de l'entreprise où travaillait celui qui a mis fin à ses jours en se pendant dans sa cellule, le 9 janvier.

Il n'a pas craqué

Interrogé pendant six heures, Paul Laplante n'aura jamais passé aux aveux, comme l'ont démontré des extraits vidéo obtenus par le Journal de Montréal.

Pendant une bonne partie de l'interrogatoire, Paul Laplante refuse de regarder l'enquêteur. Il lui tourne le dos, se place face contre le mur, se bouche même les oreilles.

À un certain moment, il va également accuser les policiers de lui tendre un piège et compare sa situation avec celle de Jésus qui a été crucifié alors que «Barabas, le crotté», s'en est tiré.

Une stratégie qui vise essentiellement à faire dévier l'interrogatoire et à ne pas entrer en contact avec l'enquêteur, a expliqué Richard Dupuis, ancien commandant aux crimes majeurs au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«Ce sont des gestes qui sont très révélateurs concernant l'individu. En fait, il ne veut pas entreprendre cette conversation avec l'enquêteur de peur de se compromettre et de perdre le contrôle», a avancé M. Dupuis.

«Si c'est un filet de menteries, nécessairement, il va y avoir des trous et il va finir par s'enfarger et tomber dans le piège des policiers», a ajouté l'ancien commandant.