LNH | Hurricanes

Skinner n’aime pas le gris

L’ailier de 19 ans se rétablit tranquillement de sa première commotion cérébrale

Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Jeff Skinner

Photo courtoisie

MONTRÉAL - 

À sa première saison dans la LNH, Jeff Skinner voyait la vie en rose. Fort d’une récolte de 63 points, il a gravé son nom sur le trophée Calder, décerné à la recrue de l’année. Le rose a fait place au gris à sa deuxième saison avec les Hurricanes de la Caroline et le conte de fées ne s’est pas poursuivi.

Après un départ très respectable avec 24 points (12 buts, 12 aides) à ses 30 premiers matchs, Skinner a entrepris un long et pénible combat, celui de se rétablir d’une commotion cérébrale. Le soir du 7 décembre à Edmonton, le géant défenseur Andy Sutton l’a frappé lourdement alors que le petit ailier faisait son entrée dans le territoire des Oilers.

Pour la première fois de sa carrière, Skinner a expérimenté les symptômes d’une commotion.

« Sur le coup, ce n’était pas trop mal, a expliqué l’Ontarien de 19 ans après un entraînement des Hurricanes, hier, au Centre Bell. Le lendemain matin, j’avais mal à la tête, mais j’ai quand même participé à l’entraînement. C’est à ce moment que j’ai compris qu’il y avait quelque chose de bizarre. »

Skinner a finalement manqué les 16 matchs suivants des Hurricanes.

« C’est parfois épeurant puisque tu te retrouves dans une zone grise, a expliqué le petit ailier. Il y a tellement de choses inconnues avec ce type de blessure que tu ne peux absolument rien prédire. Les médecins continueront de réaliser des études au sujet des commotions. Pour l’instant, il n’y a rien de noir ou blanc, c’est plus du gris. Tu ne peux pas mettre le doigt sur le bobo, c’est la portion la plus frustrante. »

Un retour progressif

À l’écart du jeu pour un peu plus d’un mois, Skinner a renoué avec la compétition le 15 janvier face aux Capitals, à Washington. Avant la visite au Centre Bell, il a récolté cinq points (3 buts, 2 passes) en 10 matchs depuis son retour.

« C’est un bon sentiment de revenir sur la glace, a-t-il expliqué avec le sourire. Je m’ennuyais vraiment de mes coéquipiers et da ma vie d’hockeyeur. J’ai passé 10 jours sans pouvoir patiner et c’était une très longue période pour moi. Quand tu vois des joueurs qui restent à l’écart du jeu pour plus d’un an en raison d’une commotion, tu ne veux pas vivre le même scénario. »

Skinner ne croit pas être un joueur différent depuis son retour d’une commotion.

« Oui, je suis le même joueur, a-t-il répondu rapidement. J’ai surtout eu besoin de m’ajuster à la vitesse du jeu à mon retour après une longue absence. Je n’avais pas peur des contacts, mais je ne me sentais pas aussi rapide. C’est difficile de manquer plusieurs matchs au beau milieu de la saison. »

Conscient des dangers

Lors du passage des Blues de St. Louis à Montréal au début du mois de janvier, David Perron avait dit avec beaucoup de candeur qu’il avait encore peur et qu’il évitait certains endroits sur la patinoire.

Skinner, lui, préfère parler de la prudence et non de la peur.

« Non, je n’ai pas peur de m’aventurer dans les endroits plus à risque sur la glace, a-t-il précisé. Je suis conscient que je dois me protéger quand je fonce dans certains coins plus dangereux. Même si tu n’as jamais eu de commotion, tu dois toujours avoir à l’esprit qu’il y a des zones dangereuses. Tu ne veux pas te placer dans des positions vulnérables. »

Au sujet de la peur, Kirk Muller a fait une très belle comparaison pour le choix de 1er tour des Canes (7e au total) en 2010.

« Jeff Skinner me fait penser à Doug Gilmour, a dit l’entraîneur en chef. Il n’est pas le plus grand attaquant, mais il n’a peur de rien, il a du caractère.»