Philippe B et le quatuor molinari

Jolies Variations

Marc-André Lemieux

Publié le: | Mise à jour:

Jolies Variations

Photo le Journal de Montréal, Ben Pelosse

Philippe B et le Quatuor Molinari ont reçu une ovation debout des spectateurs à la fin du concert.

Philippe B, le Quatuor Molinari et un orchestre de chambre. Voilà une combinaison gagnante. C’est dans l’intimité relative du Conservatoire de musique de Montréal que Philippe B nous a servi, vendredi, l’intégrale de son troisième opus, Variations fantômes. Nous écrivons « relative » puisque ce concert et sa supplémentaire affichaient complet, les 500 billets ayant trouvé preneurs.

Prétentieux ce concert de Monsieur B ? Pas du tout. Bien qu’il eût décrit l’événement comme une version « de luxe » de son dernier CD, l’artiste est demeuré simple et modeste du début à la fin de sa prestation de 90 minutes… Un exploit, compte tenu du fait qu’il était entouré de deux sopranos, une harpe, un hautbois, un trombone, une contrebasse, un piccolo, des percussions et – bien sûr – un ensemble à cordes. Et pas n’importe quel ensemble à cordes. On parle ici du Quatuor Molinari, un groupe de réputation internationale composé de musiciens de haute voltige : Olga Ranzenhofer et Frédéric Bednarz (violon), Frédéric Lambert (alto) et Pierre-Alain Bouvrette (violoncelle).

Orchestre de chambre

« Je m’appelle Philippe B et voici l’intégrale des Variations fantômes », a dit l’artiste en lever de rideau, avant de s’asseoir sur un tabouret, prendre sa guitare et jouer les premiers accords d’Hypnagogie.

C’est quand l’orchestre de chambre a fait sentir sa présence, quelques mesures plus tard, qu’on a su qu’on allait se régaler. Pour exprimer la mélancolie, le spleen et le romantisme (non dégoulinant) du répertoire du chanteur, rien de mieux qu’une série d’arrangements symphoniques.

Parmi les moments forts de la soirée, citons Les prisonniers du lac Dufault, « une fable érotico-romantique de Noël » agrémentée des harmonies lyriques d’Ariane Girard et de Maude Côté-Gendron, la mystérieuse Chanson pathétique et la très jolie Mort en transfiguration (d’un chanteur semi-populaire), pendant que se profilaient sur le mur arrière de la scène les ombres des musiciens.

Et que dire de Marie, durant laquelle les musiciens ont délaissé leurs instruments pour nous offrir un petit numéro de danse contemporaine pendant que Philippe B soufflait dans son harmonica...

À l’instar de son complice de longue date, Pierre Lapointe, Philippe B aime bien dérider la salle entre les morceaux. Dans un style légèrement maladroit, mais fort sympathique, il livre ses anecdotes avec une nonchalance attachante.

La critique a dit beaucoup de bien de Variations fantômes depuis sa sortie en mai 2011. Et avec raison. Le troisième opus du chanteur marie habilement les univers indie-folk et classique grâce à des échantillonnages de Vivaldi, Schubert et autres Tchaïkovsky.

Malheureusement, le succès d’estime remporté par Philippe B tarde à se transformer en succès populaire. Espérons que sa prestation de vendredi soir saura accélérer le processus et lui faire gagner de nouveaux fans.


Le festival Montréal en lumière se poursuit jusqu’au 26 février

 

Vos commentaires

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre netiquette.

Commentaires propulsés par Disqus