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Un club sélect

Montréal octroie 74 % des contrats d’asphaltage et de construction de trottoirs à huit firmes

Un club sélect
Photo d’archives Construction DJL inc. et Mivela Construction, deux des entreprises à qui la Ville de Montréal octroie le plus de contrats, ont participé à la réfection de la rue Chabanel, en 2009 et 2010.

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Même si la situation est connue depuis deux ans, un petit groupe d'entrepreneurs continue de se partager la grande majorité des contrats de construction octroyés par la Ville de Montréal.

Un club sélect de huit firmes se sont partagé les trois quarts des contrats d'asphaltage et de construction de trottoirs octroyés par la Ville de Montréal au cours des trois dernières années, révèlent des données obtenues grâce à la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics.

La situation est en tout point semblable au constat qu'avait dressé le vérificateur général dans son rapport 2009.

Entre janvier 2009 et le 31 octobre 2011, la Direction des travaux publics a accordé 158 contrats d'asphaltage ou de réfection de trottoirs. 117 d'entre eux, soit 74%, reviennent toujours aux mêmes entreprises, même si une trentaine de firmes font partie du bassin de soumissionnaires.

« Troublant »

Construction Soter a obtenu 20 de ces contrats. B.P. Asphalte et Mivela Construction, quant à eux, ont obtenu respectivement 19 et 18 contrats. À elles seules, ces trois entreprises ont décroché le tiers des contrats.

On observe le même phénomène de concentration dans les contrats donnés par la Direction stratégique des transactions immobilières (DSTI), responsable des immeubles de la Ville.

En trois ans, seulement six firmes ont obtenu des contrats qui équivalent à 50 millions $ alors que les 61 autres entreprises, qui ont fait affaire avec la DSTI, se sont partagé les 42,6 millions restants.

Des constats « troublants », juge Réal Ménard, le maire de l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve et membre de Vision Montréal, le parti d'opposition officielle à l'hôtel de ville.

« Ce sont toujours les mêmes. Pourrait-on avoir un marché beaucoup plus diversifié que ce qu'on a présentement ? » se demande-t-il.

Des mesures

Au cabinet du maire de Montréal Gérald Tremblay, le porte-parole Darren Becker rappelle que la Ville ne fait que respecter les lois en octroyant les contrats au plus bas soumissionnaire conforme.

« L'administration a pris de nombreuses mesures pour améliorer la gestion contractuelle au cours des dernières années », souligne le porte-parole.

Il cite en exemple la « clause anticollusion », qui empêche les entreprises reconnues coupables de fraude fiscale de soumissionner sur un contrat de la Ville pour une période de cinq ans, ainsi que la mise sur pied d'une commission du conseil municipal, qui examine tous les contrats de plus de 10 millions.

Mais Réal Ménard croit que la Ville pourrait aller encore plus loin. « Pourquoi ne pas réserver chaque année deux-trois contrats à des plus petites entreprises ? Ça pourrait prendre la forme de projet pilote », propose-t-il.

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