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Plekanec en a gros sur le coeur

Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Plekanec en a gros sur le cœur

Photo d’archives

« Si quelqu’un n’a pas de passion, il ne mérite pas d’endosser ce chandail » – Tomas Plekanec

SUNRISE | Tomas Plekanec vit ­difficilement les déboires du ­Canadien. D’une grande lucidité, ­l’attaquant tchèque croit que son équipe mérite ce pénible sort. À ses yeux, le CH n’a pas atteint le 15e rang dans l’Est uniquement par malchance ou en raison des blessés.

Plekanec a livré le fond de sa pensée au Journal de Montréal après l’entraînement du Tricolore, hier, au BankAtlantic Center, à Sunrise.

« Ouf, c’est difficile, mais le 15e rang dans l’Est, c’est notre réalité et c’est le portrait de la façon dont on joue, a dit Plekanec avec ­plusieurs soupirs lors d’un entretien seul à seul. Je suppose que c’est ce qu’on mérite. Notre jeu n’est tout simplement pas là. »

Plekanec n’a pas pris de détour pour ­expliquer les lacunes du CH.

« On ne fait tout simplement pas les bonnes choses en tant qu’équipe, a souligné le numéro 14. Nous ne jouons pas ensemble. Trop souvent, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. »

« Si quelqu’un n’a pas de passion, il ne mérite pas d’endosser ce chandail »
– Tomas Plekanec

« Il y a des aspects sur lesquels nous pouvons être très bons, comme en infériorité numérique, a-t-il ajouté. Il faut de la passion pour jouer en désavantage numérique et nous le faisons bien. Il faut faire des sacrifices pour bloquer des tirs, c’est difficile. Dans cette facette du jeu, nous connaissons bien notre rôle. Nous ne ­pouvons pas dire la même chose de notre jeu à cinq contre cinq et en supériorité numérique. »

Le mot sommet est rarement associé au Canadien cette saison, sauf en désavantage numérique. Le CH occupe le premier rang de la LNH avec un taux d’efficacité de 89,4 %.

Pas de passion, pas de chandail

Très prudent et intelligent, Plekanec n’a accusé aucun de ses coéquipiers ni le groupe d’entraîneurs. Pour lui, les 20 joueurs sur la glace sont les principaux responsables de cette mauvaise saison.

Randy Cunneyworth a souvent répété au cours des dernières semaines qu’il y a trop de passagers au sein de son équipe. À ce ­sujet, le Tchèque n’a pas voulu répondre ­directement, mais il a soulevé la question de la passion.

« À mes yeux, ce n’est pas une question de passion, a d’abord dit Plekanec. Si quelqu’un n’a pas de passion, il ne mérite pas d’endosser ce chandail. Un joueur sans passion ne mérite pas de porter le chandail du Canadien ou n’importe quel autre ­chandail de la LNH. Si tu n’as pas de ­passion pour le hockey, tu n’es pas à la bonne place. »

La pire saison

Depuis ses débuts avec le Canadien, en 2005-2006, Plekanec a traversé des hauts et des bas. En 2008-2009, il avait récolté ­seulement 39 points après une saison très productive de 69 points.

« Il y a trois ans, j’ai connu une saison de misère, mais c’était entièrement de ma faute, s’est-il rappelé. Cette année, je trouve ça encore plus difficile. J’ai horreur de ­regarder le classement et de voir notre équipe au 15e rang dans l’Est. »

Plekanec souhaitera chasser le plus ­rapidement possible l’actuelle saison de sa mémoire.

Même s’il a perdu son poste de centre numéro un aux mains de David ­Des­harnais et malgré la débâcle de l’équipe, il n’a rien perdu de ses ­sentiments envers le Tricolore.

« Absolument, je suis toujours ­heureux à Montréal. J’ai signé un contrat de six ans et je veux passer toute ma carrière avec le Canadien. Je n’aurais jamais accepté un pacte de six ans si je n’aimais pas le ­Canadien et la ville. »


Plekanec a récolté 42 points (12 buts, 30 passes) en 61 matchs cette saison. Il a vu sa production chuter depuis l'arrivée de Cunneyworth. Sous les ordres de Jacques Martin, il a amassé 25 points (6 buts, 19 aides) en 32 matchs. Il n'a obtenu que 17 points (6 buts, 11 passes) en 29 rencontres avec ­Cunneyworth.