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Enquête

Les enfants mieux nourris

Les repas servis dans les CPE sont largement supérieurs en qualité à ceux offerts dans les CHSLD

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Les enfants nourris dans les CPE ont droit à de bien meilleurs repas que les personnes âgées en résidence, révèle une enquête du Journal.

« C’est très beige. Il y a beaucoup de patates et de brocolis trop cuits », commente la nutritionniste Isabelle Huot au sujet des repas servis dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).

Au cours des dernières semaines, le Journal a fait analyser huit repas servis dans des centres de la petite enfance (CPE) et huit mets provenant de CHSLD de la grande région de Montréal.

Meilleur en CPE

Résultat : la qualité des repas servis dans les CPE est largement supérieure, tant sur le plan nutritionnel que celui du goût (voir les résultats en pages 4 et 5).

« C’est nettement mieux, il y a vraiment de beaux efforts dans les menus, poursuit Isabelle Huot. Je suis sûre que des enfants y mangent mieux qu’à la maison. »

« J’ai vraiment un doute sur l’origine de la fabrication des patates pilées en CHSLD. Aucune portion n’était satisfaisante, constate le chef cuisinier Thierry Daraize, qui a noté le goût des 16 repas. La qualité des repas servis aux personnes âgées est digne d’un service de pauvres. »

Résident du centre d’hébergement Bruchési, à Montréal, Guy Simard en a marre des sandwiches au jambon.

« J’essaie de suivre un régime pour perdre du poids, mais je ne peux pas avoir d’autre viande que du jambon haché, déplore-t-il. Il me semble que ce n’est pas tant demander. »

La note de passage

Toutefois, même si les repas en CHSLD sont de qualité inférieure, la plupart des centres visités passent le test nutritionnel. La moyenne des notes des repas évalués est de 6,75 sur 10.

« Ce n’est pas si mal, avoue Isabelle Huot. Mais, il y aurait un effort à faire pour introduire d’autres aliments. C’est très conservateur. »

Au niveau du goût, la moyenne n’est que de 4,6 sur 10. En revanche, les CPE ont obtenu en moyenne 6 sur 10 pour le goût, et 8,6 sur 10 pour la valeur nutritionnelle.

Varier les menus

« C’est super important de varier les repas, croit le cuisinier Jean-François Fournier, du CPE du Mouillepied, à Saint-Lambert. Ça fait en sorte que les enfants seront moins difficiles plus tard. »

Bien qu’il soit conscient que les menus ne peuvent pas plaire à tous, Guy Simard croit que des efforts supplémentaires doivent être faits.

« Il y a beaucoup d’améliorations à apporter dans la variété des choix, ça laisse parfois à désirer, dit-il. Ce serait le fun d’avoir des tomates et des concombres dans la salade. »

Questionnée à ce sujet, la direction du CSSS Jeanne-Mance dit faire des efforts pour rehausser l’offre alimentaire.

« On est conscient qu’il y a des améliorations à apporter et on veut y travailler avec les résidents », explique Marc Bessette, responsable de la coordination des services alimentaires du CSSS.

Le comfort food populaire

Les directeurs de CHSLD notent toutefois que les personnes âgées ont des goûts précis. Les menus sont donc adaptés à leurs désirs.

« On est dans un milieu de vie et il faut respecter leurs goûts, croit Lucie Tremblay, directrice du CHSLD juif de Montréal. C’est beaucoup du comfort food. »

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