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CHSLD

Encore des mauvais soins

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Photos d’archives, Agence QMI Bien que des inspections ont révélé de graves lacunes dans plusieurs établissement, certains CHSLD continuent de les tolérer.

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Huit ans après l’implantation d’un processus gouvernemental d’inspection, des CHSLD n’offrent toujours pas de services décents aux aînés qui leur sont confiés.

Encore pire, certains établissements continuent de tolérer de graves lacunes qui avaient été dénoncées par les inspecteurs du ministère de la Santé lors de précédentes visites de leurs installations.

C’est le triste constat qui s’impose après un survol des rapports de visite des centres d’hébergement et de soins de longue durée de 2010 et 2011.

Par exemple, au Pavillon Alfred-Desrochers, à Montréal, le rapport fait état de « repas désorganisés », de « manque de respect envers les résidents », de « mépris » et « d’odeurs désagréables et persistantes ».

À la résidence Rive-Soleil, à Montréal, plusieurs chambres ne sont pas munies de toilette et les résidents affirment que « leur besoin d’élimination est brimé », alors qu’au Centre d’hébergement de Donnacona, « l’intimité des résidents n’est pas respectée » et des résidents « ont froid lors des soins d’hygiène ».

Ministre déçue

La ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Viens, juge inacceptables ces situations relevées par les inspecteurs, qui informent pourtant les centres de leur visite 24 heures à l’avance.

« Ce sont des comportements exécrables. Ça devrait être impeccable, point à la ligne, surtout lorsqu’on donne des soins à une clientèle si vulnérable », a commenté la ministre responsable.

Sans pouvoir l’expliquer, elle trouve « désolant » que des établissements n’apportent pas rapidement les correctifs nécessaires à la suite de rapports d’inspection défavorables.

« C’est dans la gouverne locale, au niveau des centres de santé et de services sociaux, et en dernier recours, à l’Agence régionale de santé. C’est là qu’il faut qu’il se passe quelque chose », a clamé Mme Viens, plaidant pour la responsabilisation des dirigeants régionaux.

« C’est à l’Agence de s’assurer que les correctifs soient apportés. Moi, je ne m’attends pas à moins que cela. Ça va tellement de soi que des comportements inacceptables ne devraient pas être tolérés », a ajouté la ministre.

Inspections

L’équipe des visites d’appréciation du ministère de la Santé est composée de seulement deux inspecteurs.

Toutefois, le nombre d’inspections a augmenté significativement en 2010-2011 par rapport à l’année précédente, passant de 54 à 88.

Malgré cet effort, les CHSLD de plusieurs régions du Québec n’ont pas été visités depuis 2008.

Le Centre de santé de Chibougamau, qui commandait pourtant des corrections « immédiates » parce qu’il entassait quatre résidents dans des chambres aux conditions d’hygiène « laissant à désirer », n’a pas été inspecté depuis le 7 avril 2004.

Consciente de l’existence de cas problèmes, Dominique Viens juge quand même que la plupart des établissements dispensent des soins de qualité et que son ministère a pris les moyens nécessaires pour éliminer les histoires d’horreur.

« Nous avons augmenté les visites et nous faisons des gestes qui sont sévères pour assurer la sécurité des aînés », a-t-elle conclu.

 

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