Au cours des dernières semaines, les vidéos concernant la grève étudiante se sont multipliées sur le Web, alors que les réseaux sociaux sont devenus une « arme de guerre » pour plusieurs étudiants.
Depuis le début de la grève étudiante, il ne se passe pratiquement pas une journée sans qu’une nouvelle vidéo sur la question fasse son apparition sur la toile.
De l’automobiliste qui hurle sa rage d’avoir été pris dans un bouchon de circulation en raison d’une manifestation à l’étudiant qui dénigre la grève, plusieurs personnes tiennent à exprimer leur opinion sur la hausse des droits de scolarité.
Arme à double tranchant
Attention, disent toutefois les experts en nouvelles technologies, le Web est une arme à double tranchant.
« Les réseaux sociaux sont définitivement un outil de pression additionnel. Faire parler de soi ou de sa cause est une bonne chose en soi, mais quand c’est négatif, les impacts sont tout aussi grands », affirme Michelle Leblanc qui anime un blogue sur la technologie.
« C’est clair que c’est désormais le nerf de la guerre, affirme de son côté Michel Dumais. Mais il faut faire attention pour ne pas en mettre plus que le client en demande. Avant de poster une vidéo, il faut se demander si on serait prêt à répéter la même chose devant un Centre Bell rempli à pleine capacité. »
Se faire entendre
Frustré de s’être retrouvé pris dans un bouchon de circulation la semaine dernière, alors que des étudiants ont pris d’assaut le pont Jacques-Cartier, Matthieu Bonin a décidé d’utiliser YouTube pour invectiver les manifestants.
« Mes propos étaient sérieux, indique-t-il. Mais je les ai véhiculés grâce à un personnage caricatural. Je savais que j’allais attirer l’attention des gens de cette manière. »
Près de 196 000 clics plus tard, M. Bonin dit réaliser l’ampleur de l’impact du Web.
« C’est fou ! Mais il faut dire que c’est un sujet chaud qui fait beaucoup jaser. »
Cédieu Léveillé, qui singe les progrévistes dans une vidéo, lancée il y a quelques jours, croit que cet « outil » permet à ceux qui n’ont pas de voix de se faire entendre.
« Si je vais crier mes arguments sur la voie publique, ça ne donnera pas grand-chose, observe-t-il. Mais en passant par le Web, et en faisant quelque chose d’exagéré, je retiens davantage l’attention. »
► Après avoir été informée qu'un important groupe de manifestants prévoyait occuper son bâtiment, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a pris la décision de fermer exceptionnellement ses portes, hier.