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CHSLD

Une infirmière pour 196 patients

Les ratios de nuit sont très élevés à certains endroits

Une infirmière pour 196 patients
Photo d’archives
Les infirmières de nuit dans les CHSLD sont souvent responsables de plus de 100 patients. Cette situation les force à ­prioriser les soins selon les urgences.
Une infirmière pour 196 patients
Photo d’archives
Les infirmières de nuit dans les CHSLD sont souvent responsables de plus de 100 patients. Cette situation les force à ­prioriser les soins selon les urgences.

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Les infirmières qui travaillent de nuit dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ont souvent plus de 100 résidents à leur charge, voire même jusqu’à 196.

« Elles passent la nuit à éteindre des feux, déplore Denis Joubert, vice-président du syndicat du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance. Ce n’est pas vrai que les patients dorment tous. Et souvent, c’est là que la douleur se manifeste. »

Au centre d’hébergement Idola Saint-Jean, à Laval, l’infirmière coordonnatrice est responsable de 196 résidents. Elle est accompagnée de quatre infirmières auxiliaires et de huit préposés aux bénéficiaires (PAB). (voir tableau)

Au Manoir-de-l’Âge-d’Or, à Montréal, une infirmière, aidée de huit PAB et d’une infirmière auxiliaire, est responsable de 160 résidents, selon le syndicat.

« C’est énorme, déplore Denis Joubert. Rendu là, c’est de la gestion de crise. »

Questionné à ce sujet, le CSSS Jeanne-Mance a refusé de confirmer cette information au Journal. Le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux Yves Bolduc n’a pas non plus été en mesure de fournir le ratio.

« Dilemmes éthiques »

Selon une infirmière qui a travaillé dans un CHSLD de la région de Montréal, l’an dernier, le manque de ressources place les employés dans des « dilemmes éthiques. »

« T’as juste deux mains, alors il faut faire des choix. Mais, qui tu choisis entre une personne qui s’étouffe et une autre qui tombe en pleine face au sol ? », demande celle qui avait 75 résidents à sa charge. C’est dangereux. On met les personnes âgées en danger. »

Pas de ratio prévu

Actuellement, il n’existe aucun ratio d’infirmiers/infirmières à respecter dans les CHSLD. Il revient donc à la direction de chaque centre à définir ses besoins, notamment selon le type de clientèle.

« L’infirmière coordonne l’équipe, mais il n’y a pas autant de soins à donner la nuit, croit Alain Leclerc, de l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux. Si elle a un problème, elle peut toujours faire venir le coordonnateur. »

« La couverture est complète. L’infirmière est surtout là pour les familles dont un membre est en fin de vie ou s’il arrive quelque chose », indique de son côté Sandrine Charpentier, porte-parole du Centre Denis-Benjamin-Viger.

« C’est loin d’être acceptable. Souvent, les infirmières partent avec le sentiment de ne pas avoir accompli leur travail », pense plutôt Denis Joubert.

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