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Des ratios qui conduisent à la mort

Des ratios qui conduisent à la mort
Photo d’archives Le président de l’AQDR, Louis ­Plamondon, déplore le manque de soins dans les CHSLD.

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Les ratios actuels d’infirmières de nuit dans les centres d’hébergement accélèrent la mort des personnes âgées, déplore l’Association ­québécoise de défense des droits des personnes retraitées.

« Il y a clairement un manque de soins, déplore le président de l’Association, Louis Plamondon. Québec a décidé de les abandonner, alors c’est sûr qu’on les fait mourir plus vite. »

Plus de 100 patients

Hier, Le Journal révélait que les infirmières de nuit dans plusieurs centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de la région de Montréal sont souvent responsables de plus de 100 résidents.

Au centre d’hébergement Idola Saint-Jean, à Laval, une infirmière ­coordonnatrice est même responsable de 196 résidents.

Elle est accompagnée de quatre infirmières auxiliaires et de huit préposés aux bénéficiaires (PAB).

« C’est documenté que les risques de chutes et la douleur sont plus fréquents la nuit, poursuit Louis Plamondon. Si on avait plus d’infirmières, c’est sûr que le taux de survie serait meilleur. »

Actuellement, aucun ratio ne prévoit un nombre maximal de patients à la charge d’une infirmière dans les CHSLD.

« Sérieux problème de ratios »

Président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet croit aussi que ces ratios sont insuffisants par rapport aux tâches à effectuer.

« On a un sérieux problème de ratios. En n’ayant pas le personnel pour répondre aux besoins, c’est sûr qu’on pousse la ­machine au niveau du risque, souligne-t-il. Si un résident tombe par terre, ça peut prendre un bout de temps avant qu’on s’en rende compte. »

Porte-parole du Parti québécois en matière d’aînés, Carole Poirier s’inquiète ­surtout du nombre de PAB embauchés pour la nuit.

« Ce sont les employés les plus proches des personnes hébergées, dit-elle. Si on n’a que deux préposés pour 15 résidents et qu’un doit aller aux toilettes, c’est compliqué. Il faut aussi que la formation soit ­suffisante pour assurer qu’ils offrent les bons soins. »

L’Ordre se dit préoccupé

De son côté, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec se dit préoccupé de la situation.

« Nous avons été saisis de problématiques dans différents CHSLD, entre autres la nuit, et nous sommes préoccupés, indique Geneviève Ménard, directrice du conseil aux affaires externes. On évalue l’ampleur de la difficulté, et on fera des ­recommandations. »

Hier, le ministre de la Santé et des ­Services sociaux, Yves Bolduc, et la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, n’étaient pas disponibles pour une entrevue.


heloise.archambault@journalmtl.com

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