La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a imposé une pénalité de 2 millions $ à l'Université Concordia pour sa mauvaise gestion des fonds publics, a appris TVA Nouvelles.
Tandis que les universités se plaignent de sous-financement, une enquête du Journal de Montréal révèle que sept cadres de Concordia ont reçu près de 4 millions $ en indemnités de départ et de licenciement,
L'indemnité de départ la plus généreuse a été accordée à Judith Woodsworth, ex-rectrice de l'Université Concordia, qui a quitté son poste à mi-mandat.
Mme Woodsworth a quitté ses fonctions avec un chèque de 169 573 $, sans compter son indemnité de cessation d'emploi de 747 045 $ qui avait suscité la controverse, il y a une quinzaine de mois. Son prédécesseur, Claude Lajeunesse, avait pour sa part reçu 1 million $.
Mme Beauchamp sonne la fin de la récréation pour Concordia. Jeudi, dans une lettre adressée au président du conseil d'administration de l’université, Peter Kruyt, dont nous avons obtenu copie, la ministre affirme que « le taux de roulement observé de l'équipe de direction pose problème ».
Le 20 janvier 2011, Line Beauchamp invitait déjà l'université à faire preuve de rigueur et de modération dans la gestion de son budget.
« Je vous signalais que les incidences financières de ces départs excessifs alimentent les préoccupations des citoyens quant à l'utilisation judicieuse des fonds publics par les universités, souligne la ministre de l’Éducation dans sa lettre. Je vous invitais à agir avec rigueur et à faire preuve de grande modération dans vos choix budgétaires. »
Son rappel à l'ordre ne semble pas avoir été suivi. La ministre impose donc une pénalité à Concordia.
« Je me verrai obligée aux prochaines règles budgétaires encadrant notre contrat 2012-2013 de subvention pour votre université de prescrire vos obligations en matière de croissance de la rémunération globale des dirigeants de l'Université Concordia et de vous imposer une pénalité de 2 millions $ », tranche la ministre.