/news/currentevents
Navigation
PERQUISITION

Défendre le droit du public à l’information

« Ce qui s’est passé est un dérapage policier inacceptable »

PKP
Photo Archives / Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Il y a des moments qui permettent de définir l'état de santé d'une société.

Nous en avons vécu un hier et le diagnostic n'est pas heureux.

Quand un corps policier tente d’intimider un journaliste, ce sont les fondements mêmes de notre démocratie qui sont remis en cause et nous devons réagir. Nul ne sait où de telles dérives peuvent mener.

Tôt hier matin, les enquêteurs de la Sûreté du Québec sont débarqués à l’improviste chez Éric Yvan Lemay, un journaliste d’expérience du Journal de Montréal spécialisé dans le domaine de la santé, comme s’il s’agissait d’un criminel longtemps recherché risquant de fuir ou de se débarrasser d’éléments de preuves.

Éric Yvan Lemay
Perquisitionné

Alors que M. Lemay se trouvait avec ses jeunes enfants et sa femme enceinte, les policiers se sont imposés dans sa résidence, mandat en mains. Avant même qu’il ne puisse parler à son avocat, les enquêteurs sont allés jusqu’à le menacer d’une arrestation s’il n’obtempérait pas à leurs directives.

Cette perquisition est non seulement injustifiée, elle est carrément abusive. Nous contesterons vivement sa légalité.

Plus encore, nous considérons que cette perquisition est une attaque directe à l’endroit de la liberté de presse et du droit du public à l’information. C’est la troisième du genre en cinq semaines, commise par les autorités policières à l’endroit des médias du Québec.

Une fois, c’était déjà trop. Trois fois, c’est très inquiétant.

Nous sommes en droit de nous questionner s’il s’agit d’un message qu’envoie la Sûreté du Québec aux professionnels de l’information. Est-ce la manière dont les journalistes du Québec seront dorénavant traités par ce corps policier lorsqu’ils assumeront leur rôle d’informer le public ?

Ce qui s’est passé hier est un dérapage policier inacceptable. Il témoigne d’un flagrant manque de jugement.

Nous sommes une organisation de presse importante et responsable. Dans nos quarante-huit ans d’histoire, rien ne pouvait laisser croire aux policiers que nous allions faire disparaître des éléments de preuve. Nous avons toujours collaboré avec la justice tout en faisant valoir nos droits.

Mais qu’avons-nous fait au juste pour qu’un journaliste de carrière, reconnu pour sa rigueur et sa probité, mérite un tel traitement ? La réponse est simple : seulement notre travail.

Il m’apparaît essentiel de rappeler que les médias ont pour rôle d’informer les citoyens sur la gestion des administrations publiques. Toute limitation au plein exercice légal de cette mission aurait comme conséquence de réduire le périmètre de nos valeurs démocratiques si chères aux Québécois.

Qu’il s’agisse de l’administration des hôpitaux, de la transparence des comptes publics, des modalités liées à l’exercice du droit d’accès à l’information des citoyens ou de tout autre enjeu collectif, la direction de Quebecor Média continuera d’appuyer et de soutenir ses professionnels afin qu’ils puissent effectuer la noble tâche qu’ils ont dignement choisie.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes victimes d’une tentative d’intimidation. Nous assurons nos lecteurs et le public de notre intégrité et de notre détermination à poursuivre le mandat que nous nous sommes fixé : informer en toutes circonstances.

- Pierre Karl Péladeau
Président de Corporation Sun Media

 

Commentaires