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Dossiers mal protégés

Perquisition chez un journaliste du Journal de Montréal

Il avait démontré l'existence de failles dans la confidentialité des dossiers médicaux

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Des enquêteurs de la Sûreté du Québec ont mené une perquisition à la résidence d'un journaliste du Journal de Montreal, vers 6h45, ce matin. La perquisition a pris fin vers 11h15. Les policiers voulaient mettre la main sur son ordinateur, des vêtements et faire des photographies d'une de ses mains.

Le journaliste spécialisé en santé, Éric Yvan Lemay, a écrit récemment un article au sujet de documents confidentiels qui étaient accessibles à tous et laissés sans protection, dans les corridors de plusieurs hôpitaux du Québec. La perquisition serait liée à ce reportage. Le journaliste a notamment photographié une partie des documents.

Le journaliste est soupçonné de vol de moins de 5 000 dollars et de trafic de renseignements identificateurs, deux accusations de nature criminelle relativement a son reportage du 9 février.

« Illégal et abusif »

« Je considère que c'est une perquisition tout a fait illégale et abusive qui n'a pas sa place dans une société démocratique et qui va à l'encontre des enseignements de la Cour suprême. Les médias ont un travail a faire. L'accuser de vol alors que le journaliste est implique dans un travail d'information est tout a fait inacceptable. Le Journal va contester vigoureusement cette perquisition », a déclaré l'avocat de Quebecor, Me Bernard Pageau.

« Cette perquisition est une autre preuve que le droit du public à l'information est un principe qui doit être constamment défendu », a renchéri le rédacteur en chef du Journal de Montréal, Dany Doucet.

Le mandat de perquisition permettait aux policiers d'obtenir les vêtements que le journaliste portait le jour du reportage, des photographies de sa main gauche ainsi que le contenu de son ordinateur. Tout le matériel saisi a été placé sous scellés, le temps que le tribunal statue sur l'objection. Les policiers ne sont pas repartis avec l'ordinateur, mais ont fait une copie du disque dur.

Le mandat autorisé par la juge Suzanne Paradis permettait une perquisition «de nuit», qui a été dirigée par le sergent Stéphane Beaudoin.

Les policiers s'expliquent

« Actuellement, nous enquêtons une plainte de vol de documents confidentiels dans un centre hospitalier de la Montérégie et la perquisition est menée ce matin relativement à ce vol présumé », a déclaré le lieutenant Guy Lapointe de la Sûreté du Québec.

« Je ne peux en dire davantage en raison de l'enquête en cours mais pour obtenir un mandat de perquisition, il faut obtenir une autorisation judiciaire et nous l'avons obtenue », a ajouté le policier.

Ce dernier n'a pas voulu dire quel hôpital a déposé la plainte mais il s'agirait de l'Hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe, selon nos sources.

Cette perquisition survient au moment ou la protection des sources journalistique est un dossier chaud depuis l'affaire de la taupe à la police de Montréal.

- Avec la collaboration de Marc Pigeon

 

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