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Il faut être professionnel

Bob Hartley

Bob Hartley

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Il faut être professionnel

photo d’archives

Nail Yakupov fait l’envie de bien des équipes, mais il ne faut pas en venir à perdre des matchs volontairement dans le but de leur mettre la main dessus.

ZURICH, Suisse | Le Canadien joue du meilleur hockey depuis deux semaines, mais ça ne fait pas le bonheur de certains partisans, qui préféreraient voir l’équipe terminer dans les bas-fonds du classement général afin qu’elle puisse hériter de l’un des trois meilleurs joueurs disponibles au prochain repêchage, soit Nail Yakupov, Mikhail Grigorenko ou Filip Forsberg.

Une équipe
n’a pas le
droit de perdre
de façon
volontaire

Dans mon rôle d’entraîneur, je ne peux pas approuver une telle philosophie. Dans tout ce que j’entreprends, j’essaie de gagner.

Lorsque j’étais enfant et que je jouais aux billes avec des amis, je voulais toujours ­gagner. Je détestais ­perdre.

Je n’aimerais pas que mon directeur général vienne me voir dans mon bureau pour me demander d’ordonner à mes vétérans de lever le pied en fin de saison, pour que l’équipe puisse terminer en dernière position au classement et qu’elle obtienne ainsi de meilleures chances d’être sélectionnée au tout premier rang du repêchage.

LOYAUTÉ

Je n’aimerais pas non plus qu’il me demande d’utiliser à toutes les sauces des joueurs rappelés de la Ligue américaine afin de voir ce qu’ils ont comme potentiel, en sachant fort bien qu’ils ne sont pas ­meilleurs que les joueurs qui sont déjà à ma disposition.

Perdre volontairement, ÇA NE SE FAIT PAS.

C’est une question de loyauté envers sa profession, envers les gens qui paient le gros prix pour assister à un spectacle sur la glace.

Il faut toujours se comporter comme des professionnels.

Ce serait très décevant de voir un entraîneur en chef y aller de demi-mesures en fin de saison juste pour s’assurer que son équipe obtienne le meilleur choix possible au repêchage. Ça ne fonctionne pas comme ça.

Quand je dirigeais les Thrashers ­d’Atlanta, j’ai vécu des fins de saison où l’équipe n’avait plus rien à gagner au classement, sauf qu’on n’a jamais levé le pied.

Je n’aurais jamais accepté un tel ­comportement de la part de mes joueurs.

DÉGAGEMENTS HYBRIDES

Dans un autre ordre d’idées, j’étais bien curieux de voir ce que les directeurs généraux allaient adopter comme changements aux règlements lors de la réunion qui s’est tenue plus tôt cette semaine à Boca Raton, en Floride.

Il y a eu beaucoup de discussions, notamment au sujet du retour de la ligne rouge.

Les décideurs ont fini par s’entendre sur l’instauration, la saison prochaine, du règlement concernant les dégagements hybrides, dans le but bien clair de diminuer les risques de blessures sérieuses.

On m’a mentionné que le vote est passé à 25 contre 5.

Les directeurs généraux ont trouvé un bon compromis entre le dégagement dit ordinaire, qui est appliqué dans le hockey mineur, et celui qui entraîne ces courses dangereuses entre deux joueurs vers le fond du territoire, auxquelles on assiste dans la LNH.

Lorsqu’un défenseur traversera en premier ou en même temps qu’un rival une ligne imaginaire créée par les points de mise en jeu, les juges de lignes siffleront un arrêt.

Si c’est l’attaquant qui mène la course, le dégagement sera alors permis, ce qui est une bonne chose, à mon avis.

SURCHAGE POUR LES OFFICIELS

Le seul problème dans tout cela, c’est qu’on continue d’alourdir la tâche des officiels, qui en ont déjà pas mal sur le dos, avec un autre type de décision qui fera appel au jugement de l’individu.

Ici en Suisse, la situation est bien simple : les juges de lignes sifflent un arrêt de jeu dès que la rondelle a franchi la ligne à l’égalité des buts. On évite ainsi toute possibilité que des blessures surviennent. Je dois ­admettre que j’aime bien ce règlement.


Je profite de l’occasion pour inviter les jeunes hockeyeurs du Québec qui ont le goût de vivre une expérience différente l’été prochain à s’inscrire à mon école de hockey en immersion anglaise qui se déroulera à York, en Pennsylvanie, du 8 au 13 juillet et du 15 au 20 juillet. Tous les détails sont disponibles sur le site www.hartleyhockey.com

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