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Une baisse des appuis

Le soutien de la population envers les étudiants s’est effrité depuis le blocage du pont Champlain

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Malgré l’imposante manifestation qui s’est déroulée hier dans les rues de Montréal contre la hausse des frais de scolarité, l’appui aux étudiants a continué de diminuer.

Un sondage Léger Marketing, réalisé pour le compte du Journal pendant et après la marche, entre 15h30 et 19h30 jeudi, révèle qu’au cours de la dernière semaine, le support aux étudiants a reculé de trois points. Ils gardent le soutien de 39 % des Québécois contre 53 % en faveur du gouvernement. Le blocage du Pont Champlain mardi pèse certainement dans la balance, selon Christian Bourque, vice-président exécutif chez Léger Marketing. « Les pelures de bananes ont inévitablement leurs conséquences et dans ce cas, je pense qu’on peut pointer du doigt le pont Champlain », estime-t-il.

Malgré ces quelques débordements, à Montréal, où se déroule le plus gros des actions étudiantes, l’appui reste fort alors qu’il chute en région. « C’est la ville la plus touchée et la plus à gauche au Québec, donc c’est logique », explique Christian Bourque. À l’opposé, c’est dans la région de Québec que l’appui aux étudiants est le moins fort.

Conflit des générations

Les résultats du sondage démontrent également que passé le cap de la trentaine, les gens soutiennent de moins en moins les étudiants. « Plus ils paient des impôts depuis longtemps, plus ils ont envie que les étudiants paient à leur tour », relève le sondeur.

En faveur de négociations

Même si les appuis diminuent, la majorité de la population estime malgré tout que le gouvernement devrait entamer des négociations avec les étudiants. « C’est un phénomène bien connu, au Québec on n’aime pas les conflits, peu importe la forme qu’ils prennent », avance M. Bourque.

Revirement de situation ?

Il est encore trop tôt selon l’analyste pour mesurer l’effet de la manifestation d’hier sur l’opinion publique, mais un revirement de situation en faveur des étudiants est selon lui très incertain.

« Ça reste difficile à dire et à prévoir mais dans la tête des gens, un étudiant doit aller à l’école. » D’ailleurs, le sondage avance que les deux tiers des Québécois sont en faveur des marches et manifestations, alors que la grève est moins soutenue. « Les actions plus radicales comme le bocage des routes ne sont pas encouragées non plus mais on s’y attendait », ajoute M. Bourque.

Enfin, les interventions policières sont raisonnables pour la majorité des sondés. La blessure subie par Francis Grenier durant une manifestation ne semble pas avoir eu d’impact très important. « L’étudiant blessé à l’oeil a été considéré comme un incident isolé », précise-t-il.

MÉTHODOLOGIE › La présente étude a été réalisée par Internet auprès de 613 Québécois, âgés de plus de 18 ans répartis dans chacune des régions de la province, le 22 mars 2012. Pondération et marge d’erreur : les données finales du sondage ont été pondérées selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la scolarité, la présence d’enfants à la maison et la région, de façon à garantir un échantillon représentatif de population québécoise. Des échantillons probabilistes de 613 répondants auraient une marge d’erreur de +/- 4 % dans 19 cas sur 20.
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